[Dossier Technique] Ellis : « C’est toujours perturbant pour la défense »

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    [Dossier Technique] Ellis : « C’est toujours perturbant pour la défense »
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L’entraîneur de la défense de Lyon, David Ellis, explique la stratégie qui consiste à attaquer la « zone arbitre ».

Comment établit-on une stratégie visant à attaquer la zone arbitre?

En terme stratégique, on ne se dit jamais «aujourd’hui, on attaque la zone arbitre ». C’est impossible… En revanche, dans le cadre général d’une stratégie où l’on va opter pour un jeu direct, proche des phases de ruck, l’exploration de la zone arbitre devient une option. C’est notamment le cas lorsque l’on affronte des équipes qui se consomment très peu dans les phases de ruck et choisissent de reconstituer un premier rideau très dense. Face à ce genre de défense, écarter, c’est s’exposer… Il faut alors resserrer la défense et pour cela, jouer la zone arbitre est toujours une bonne option. Si l’on peut s’y engouffrer, il ne faut pas hésiter, car c’est presque à tous les coups perturbant pour la défense.

 

Pour quelle raison?

En passant entre deux défenseurs, l’arbitre ouvre toujours forcément un peu plus l’intervalle, ce qui permet de gagner parfois quelques centimètres précieux pour la qualité de la libération de la balle. Et puis, tout simplement, il arrive que l’arbitre n’ait pas toujours le temps de se «sortir » derrière la défense ou télescope un joueur, comme cela est arrivé ce week-end sur l’essai de Baptiste Couilloud. Mais pour qu’une porte s’ouvre de la sorte, encore faut-il y frapper…

 

Justement, par quels moyens peut-on attaquer cette zone?

Cela dépend du placement de l’arbitre, j’ai envie de dire! Certains ont bien sûr leurs habitudes, mais je crois surtout que c’est l’occasion qui fait le larron. Parfois l’arbitre se trouve très près du ruck, et un simple pick and go, ou un démarrage du demi de mêlée, peut suffire pour aller chercher cet intervalle. S’il se situe un peu plus loin, le plus simple est évidemment par une micro-animation au niveau du demi de mêlée. Et s’il se trouve encore plus loin, cela peut aussi bien être le boulot des avants et des trois-quarts. Avec les cellules d’avants en milieu de terrain, il est possible de décaler le ballon sur deux passes et de trouver des zones relativement éloignées du ruck. Mais si on appelle un ailier dans le dos de l’ouvreur ou une passe croisée, les trois-quarts peuvent tout aussi bien explorer cette zone ! Ce sont des cas de figure que l’on retrouve assez fréquemment. 

Nicolas Zanardi
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