Bagnères -de-Bigorre : La sagesse des Louves

Après quelques bouleversements, les Bagnéraises retrouvent un mode de fonctionnement et un rendement dignes de leur objectif.

Souvenons-nous que la saison dernière, après leur élimination en huitièle de finale du championnat de France face à Narbonne et leur place acquise au sein du Top 16, les filles du Stade bagnérais avaient gagné le droit de participer à la compétition de Fédérale 1. Fallait-il accepter cette promotion ? Entre celles qui voulaient se tester en élite, et les autres qui s’y refusaient invoquant les importantes contraintes sportives et les déplacements lointains, il y a eu réflexion en interne. L’obligation de maîtriser les dépenses a aussi pesé dans le débat. Avec d’autant plus d’acuité qu’en août dernier, les présidents bagnérais ont exigé des féminines qu’elles assument leur budget de fonctionnement. Joueuses, entraîneurs, dirigeants ont dû se lancer précipitamment dans une recherche de sponsors. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre et les « Louves » fonctionnent comme l’école de rugby. Elles font partie intégrante du Stade bagnérais mais elles sont indépendantes financièrement. À la période de cogitation de l’intersaison s’est ajouté le remplacement du duo de coachs Goux-Pebay, lesquels ont posé les fondements de l’édifice, par Cyril Carrère et Olivier Bousquet.

Pour un jeu de mouvement

Tous les deux sont des éducateurs de formation et Carrère œuvre toujours auprès des moins de 10 ans, mais il s’agit pour l’un et l’autre de la première expérience de rugby féminin. L’horizon une fois dégagé, les affaires sportives ont repris leur cours et Cyril Carrère peut témoigner d’une activité qui incite à l’optimisme : « Personne ne regrette le choix de la Fédérale 2. Après une première saison à quinze le saut aurait été prématuré. Nous avons pour objectif de nous qualifier parmi les deux premiers et pour renforcer le secteur de la performance, avec Olivier Bousquet, nous nous sommes entourés de trois adjoints : Mathieu Courrèges et Jean-Luc Tilhac pour la conquête, Kevin Tilhac pour le jeu au pied. » Les Louves de l’exemplaire capitaine Audrey Boniface sont maintenant prêtes à chasser en meute. Elles sont invitées par leur staff à entrer dans la danse d’un rugby qui fait bouger le ballon en évitant la défense. Joli programme que les jeunes Bordes, Brianti, Carassus ou Favre sont impatientes de découvrir. Elles passeront d’abord par le vivier des cadettes que le club vient de créer.

Par Gérard Piffeteau