Ledevedec, la belle histoire

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La faute à une succession de graves blessures, le talent de Julien Ledevedec n’a éclaté que très tardivement aux yeux de tous.

Champion du monde des moins de 20 ans en juin 2006, Julien Ledevedec (3 sélections) aurait du accrocher le XV de France avant d’atteindre les trente piges. Considéré à ses débuts comme un grand espoir du poste de deuxième ligne en France, l’enfant de Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) a considérablement été ralenti par une série de blessures, avant de s’imposer comme un élément important du pack de Yannick Bru. Il raconte : « Mon début de carrière, à Toulouse, n’a pas vraiment été à la hauteur de mes espérances. En 2007, je me suis blessé une première fois au genou. A cette époque là de ma vie, j’aurais pu me retrouver sans club. Guy (Novès) m’a malgré tout fait signer un contrat de trois ans. Je me suis alors à nouveau blessé (à la rotule du même genou, N.D.L.R.), j’ai très peu joué en trois ans et j’ai quitté la ville rose. Le Stade avait des joueurs très compétitifs à ce poste. Je l’étais moins, à l’époque. Quand Brive m’a proposé un contrat, j’ai foncé ». Julien Ledevedec passera trois ans chez les Coujous, avant de rejoindre l’UBB, puis de regagner la Corrèze lesté du label « bon joueur de Top 14 ». Il poursuit : « L’équipe de France ? Franchement, je n’y ai jamais trop pensé. j’avais beau être champion du monde des moins de 20 ans, je ne jouais pas à Toulouse. J’étais toujours blessé. Les premières années, à Brive, j’avais du temps de jeu mais je n’étais pas indiscutable. Pfff, les choses vont tellement vite…A mon arrivée à Marcoussis, l’étét dernier, le kiné Christophe Foucault (ex Toulouse) m’a même dit : « C’est beau que tu te retrouves ici ! » J’étais assez d’accord... »

 

La passe de plus

Mobile, endurant, précieux dans les airs et surtout dôté d’une excellente technique individuelle, Julien Ledevedec (1,99m, 114 kg) a tapé dans l’oeil du staff des Bleus lors de la tournée en Argentine, où il fut titularisé à deux reprises contre les Pumas. Capable de jouer debout et, surtout, d’accomplir la fameuse « passe de plus », le Briviste est l’un des rares deuxième ligne à posséder ce profil en France : « J’essaie juste de faire les choses correctement. On m’a parfois reproché de faire n’importe quoi avec le ballon. On m’a souvent dit qu’il ne fallait pas prendre de risque, que le ballon était quelque chose de difficile à gagner… Offrir le ballon à un mec lancé après avoir passé les bras, je trouve ça pourtant beau. C’est plaisant à voir, plaisant à réaliser. Et quand ça marche, ça fait souvent mouche ». Si Julien Ledevedec jouit aujourd’hui d’une belle cote auprès des techniciens du Top 14, il n’en a pas toujours été ainsi. Il conclut : « Il y a eu une époque où les gens voulaient des deuxième ligne de 130 kg. Les coureurs n’intéressaient personne. J’ai donc fait des préparations physiques où je faisais neuf séances de musculation par semaine, pour une de cardio… Ce sont des modes, en fait ». ​

Marc Duzan
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