[FRANCE - AUSTRALIE] Les Bleus encore trop tendres

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    [FRANCE - AUSTRALIE] Les Bleus encore trop tendres
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Passés à côté de leur première mi-temps, les Bleus ont réagi lors du second acte mais échouent à deux points d'un exploit face aux vice-champions du monde.

Après leur probante victoire probante face aux Samoa (52-8), les Bleus voulaient savoir. Savoir de quel bois ils se chauffaient vraiment, face à un adversaire de premier plan mondial. Savoir si les nets progrès aperçus en Argentine (victoire 27-0) puis au Stadium de Toulouse suffisaient à renverser l'équipe qui fut la seule, ces dernières années, à tenir régulièrement la dragée haute aux irrésistibles All Blacks.

Ils ont su. Parce que cette Australie, que l'on présentait largement remaniée, avait bien les traits d'une grande équipe. Remplacer Haylett-Petty par Henry Speight, à l'aile, n'avait rien d'un suicide, pour qui s'intéresse un tant soit peu au Super rugby. Faire entrer Sean MacMahon, en numéro 8, était un cadeau empoisonné. Les Bleus ont pu le vérifier dès l'entame de match, largement à l'avantage des Australiens. Des début qu'ils ont finalement payés, malgré un sursaut d'orgueil plein de promesses en seconde période. Mais l'écart au score était trop grand et un ultime drop de Lopez (83e), à côté, laissera les Bleus plein de regrets.

 

L'analyse : Les Bleus enthousiasmants, mais trop tard

Largement battus en première période, sur la possession du ballon et, encore plus, sur l'occupation du terrain, les Bleus s'en tiraient bien en basculant, à la pause, avec seulement deux points de retard (11-13). Parce que les Australiens avaient assumé la grande majorité du jeu et posé de nombreux problèmes à la défense française. Il s'en fallait d'un sauvetage de Spedding, d'un grattage de Nakaitaci ou de quelques pénalités bien placées de M. Jackson pour sauver les Bleus. Un miracle sans suite car la rébellion espérée, à la pause côté français, n'aura lieu que trop tardivement.

Dès l'entame de la seconde période, les Australiens reprenaient le même tempo, s'appropriaient le ballon et, à force de temps de jeu, poussaient les hommes de Novès à franchir le point de rupture. Foley, sur un appel à hauteur, en profitait et assurait aux Wallabies le premier break du match (11-20).

Dès lors, les Bleus reprenaient des couleurs grâce à une ligne de trois-quarts dominatrice, mais toujours plombée par un paquet d'avant trop ralenti au sol. Vakatawa, Fofana mais surtout Nakaitaci ont été des poisons pour la défense australienne. Dans leur sillage, l'équipe de France s'est racheté une conduite. Insuffisant, toutefois, pour l'emporter.

 

Le fait : Les Australiens souverains au sol… comme prévu

Ils avaient beau avoir laissé Michaël Hooper en tribunes, les Wallabies profitaient encore de la présence de David Pokock sur la pelouse. Juste le meilleur gratteur de ballons au monde, au sol. Et le troisième aile australien a fait vivre un calvaire aux Français. Sur l'ensemble de la partie, il a gratté six ballons. Colossal en soit, déjà. Ceux qu'il n'a pas pris, il les a ralentis. Surtout, il a profité de chaque passage français par le sol. « Un homme au sol est un homme mort » avait coutume de répéter Jim Telfer à ses Lions britanniques, dès 1997. L'illustration en fut éloquente, 19 ans plus tard.

Dès qu'un porteur de balle français se faisait prendre et ne s'en sortait pas par une passe après contact, il se faisait prendre à son propre jeu. En bénéficiant de toutes ses munitions, le XV de France aurait déjà eu du mal à triompher de l'Australie. Sans ballon, la mission était impossible.

 

Le tournant : L'essai de Kuridrani

Après un temps de souffrance, en début de seconde période, les Bleus répondaient sur une de leurs rares munitions par Doussain, bien servi par Vakatawa après contact après un énorme travail de Spedding. 20-16, le débat était relancé. Mais dès le coup d'envoi, les Wallabies remettaient la main sur la balle et (trop) rapidement, inscrivaient un essai en coin par Kuridrani. L'Australie disposait de nouveau de son avance confortable (25-16) et les Bleus reprenaient leur course-poursuite. Perdue. Malgré les espoirs nés d'une fin de match emballante.

Léo Faure
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