[FRANCE - NOUVELLE-ZELANDE] Dulin, un coin de ciel bleu

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    [FRANCE - NOUVELLE-ZELANDE] Dulin, un coin de ciel bleu
Publié le , mis à jour

Après deux ans et demi tumultueux, entre blessures, replacement à l’aile ou mise à l’écart, le Racingman Brice Dulin - qui n’a plus évolué en équipe de France depuis le naufrage du mondial contre… les All Blacks - se voit offrir une nouvelle chance à l’arrière. A lui de réécrire l’histoire.

Je t’aime, moi non plus… Alors je te mets sur le côté. C’est, en deux préceptes caricaturaux, un simple condensé de l’histoire de Brice Dulin avec le XV de France depuis 2014. Au cœur de cette même année, le Racingman était l’arrière indiscutable des Bleus, relanceur alerte et, à vrai dire, l’une des seules assurances de Philippe Saint-André. Sauf que, derrière, tout ou presque est parti en vrille. Déroutes en Australie, blessure au mollet et avènement de Scott Spedding, voilà Dulin passé de l’or au plomb en quelques mois. Du plomb dans l’aile en l’occurrence. Là où l’ancien sélectionneur, face au manque de ressources au poste, avait choisi de le cloîtrer au Mondial. Là où lui, entre entêtement néfaste et excès de franchise, a clamé se sentir mal à l’aise. Assez pour se faire déposer par Watson à Twickenam, en match de préparation, et obliger PSA à revoir ses plans. « Cette action, on m’en a parlé dix mille fois mais j’en prendrai d’autres, des cadrages débordements, avouait l’intéressé dans ces colonnes il y a un an. Bon, celui-là était beau… »

Presque autant que celui de Milner-Skudder en quart de finale de la même Coupe du monde. Pendant que Dulin faisait un tour sur lui-même, l’image faisait celui de la planète. Injuste symbole du naufrage français (13-62) face à des All Blacks tellement supérieurs. La terrible ironie ? C’est que l’ex-Castrais avait encore été replacé à l’aile après la blessure de Yoann Huget. Foutu destin, lequel s’est acharné sur un seul homme. « Pour être performant, il faut d’abord être en confiance et c’est sûr que tout cela ne m’y a pas aidé. Mais je suis le premier fautif, nuançait-il. Si j’avais été super bon à l’arrière et donné assez de garanties au staff pour m’y faire jouer, il n’y aurait pas eu de problèmes. » Le principal fut pourtant que la douloureuse balade anglaise n’a pas été sans laisser des traces. à son retour en club, la lumière ne venait plus de lui. L’esprit embué et les jambes lourdes, le protégé de Laurent Labit a plongé, des semaines durant, dans l’ombre. « Je suis plutôt doté d’un gros mental mais, là, je me suis mis à me poser des questions qui ont bloqué cette force. Je ne trouvais pas les réponses. » Celles du nouvel encadrement du XV de France sont alors implacables : Dulin n’est pas retenu dans le groupe élargi pour le Tournoi des 6 Nations 2016.

Novès : « Il n’a rien à perdre »

Doublé par Médard et Spedding, voire Bonneval et Camara, dans la hiérarchie, Brice Dulin s’est donc tu et accroché. à la fois acharné et décomplexé, dans la vie comme sur le terrain, il a signé une excellente fin de saison dernière. Et attendu que les planètes s’alignent pour lui entrouvrir un coin de ciel bleu… « Je ne me questionne pas sur l’équipe de France, assurait-il il y a quelques mois. Je ne fais pas les choix et je n’ai pas à les commenter. » Guy Novès, de son côté, avait assuré : « Il n’est pas du tout écarté. » Médard forfait, le duo parisien en retrait, il a tenu parole et Dulin a revu Marcoussis fin octobre. Enfin. Puis voilà qu’il va même profiter de la douleur de Spedding au talon, qui l’empêche d’être à 100 %, pour porter à nouveau la tunique floquée du numéro 15 samedi. Et puisqu’il est écrit que son histoire avec la sélection ne peut être ordinaire, ce sera encore devant les Néo-Zélandais. Les bourreaux face auxquels il avait tristement quitté la scène internationale. « C’est une affaire de forme du moment, justifie Novès. J’ai été fidèle à mes convictions depuis le début en faisant confiance à Maxime Médard puis Scott Spedding. Les deux étant blessés, il est logique que Brice ait sa chance. » Celle notamment de prendre une revanche personnelle majuscule. Le sélectionneur lui demande surtout d’évoluer libéré : « Devant ce qu’il se fait de mieux au monde, il est dans le cas de la personne qui n’a rien à perdre. Brice est un garçon adroit sous les ballons hauts et capable de remonter du terrain. » Ceci après être déjà parvenu à remonter le temps. Sa première victoire.

Jérémy Fadat
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