Serin : « Ce n’était qu’un bout de match »

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    Serin : « Ce n’était qu’un bout de match »
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Le demi de mêlée du XV de France rentré en cours de jeu face à la Nouvelle-Zélande revient sur sa prestation et l’expérience qu’il a vécu.

Comment jugez-vous votre entrée dans cette rencontre ?

J’avais rongé mon frein lors des deux premières rencontres. Cette fois-ci, j’ai eu la chance de rentrer beaucoup plus tôt (48e, N.D.L.R.). J’étais impatient, j’ai donc essayé de mettre beaucoup de vitesse, d’écarter vite les ballons. Surtout qu’à ce moment-là, on avait le sentiment que les Blacks étaient un peu en difficultés dès lors qu’on mettait de la vitesse.

Avez-vous le sentiment d’être entré au meilleur moment de la rencontre pour apporter un peu de folie ?

À ce moment-là, j’ai le sentiment que nous sommes dans le match mais qu’il nous manque quelque chose. La preuve, on n’arrivait pas à marquer, malgré nos nombreux temps forts. Le problème, ce n’était pas la conduite du jeu, c’était le dernier geste. Quand je suis entré, les coachs me l’ont dit. Ils m’ont demandé de mettre plus de rythme, notamment près de la zone de marque.

Justement, racontez-nous comment se déroule l’action qui amène l’essai de Louis Picamoles ?

Juste avant, la mêlée tourne dans le bon sens pour nous. Tous les Blacks sont un peu loin de nous, plus proches de ligne de touche que de la ligne d’essai. Je bataille avec Louis (Picamoles) pour ramasser et jouer vite la pénalité. Si je pars complètement en travers, je me dis que je vais attirer le premier défenseur et que ça va libérer un espace à l’intérieur. Je savais aussi que Louis était juste derrière moi. Et quand tu donnes le ballon à Picamoles à cinq mètres de la ligne, il n’y a pas trop d’inquiétudes à avoir. Je voulais surtout attirer le défenseur vers les poteaux.

Justin Mashall a avoué avoir été surpris par votre niveau…

C’est toujours plaisant venant d’un joueur comme ça, mais je sais combien il me reste encore à travailler. Ce n’était qu’un bout de match. Le contexte est différent que lorsqu’on débute une rencontre.

Guy Accoceberry disait, lui, que vous étiez aussi à l’aise qu’un gamin dans un cours d’école…

Je n’irai pas jusque-là, mais je suis plutôt du genre à être performant quand je n’ai pas de stress. Je suis plutôt insouciant.

Même quand on affronte les Blacks pour la première fois à 21 ans ?

Ce n’est pas un excès de suffisance, mais j’ai la chance d’évacuer la pression en début de semaine. Lundi ou mardi dernier, je me suis dit : « Whaou, c’est énorme, je vais jouer les Blacks. » Et puis, je suis rentré dans mon match. On a quand même la chance d’avoir un jeu où nous sommes sûrs de nos forces. À côté de moi, j’ai des mecs solides, qui ont de l’expérience. Je n’avais rien à perdre, je savais que les mecs me suivraient. La philosophie prônée par le staff est tournée vers jeu. Qu’est-ce que j’avais à perdre à vouloir jouer ? Rien.

Comprenez-vous que ça puisse surprendre ?

Attention, je ne veux pas passer pour le mec qui manque d’humilité. J’avais quand même de la pression. En plus, c’était hier (samedi) l’anniversaire de mon père. J’avais, en plus de l’objectif de la performance collective évidemment, ce petit truc personnel qui m’a motivé.

Pensez-vous avoir bénéficié aussi de la bonne performance de Maxime Machenaud en amont de votre entrée en jeu ?

Maxime a fait un très bon match, dans un autre registre que le mien. J’ai le sentiment que nous sommes très complémentaires. On a, en plus, la chance de bien s’entendre, ce qui ne gâche rien. Beaucoup de choses nous rassemblent. On était dans le même lycée, même s’il est un peu plus vieux que moi. Je connais très bien le papa de Max qui a un restaurant à Bordeaux dans lequel j’ai souvent mangé. Et surtout, on essaie de mettre nos qualités au service du collectif. On bosse bien ensemble, c’est très agréable.

Êtes-vous tout de même impatient d’avoir plus de temps de jeu ?

(il souffle) Je mentirai si je disais que je n’ai pas envie de jouer davantage. Mais le staff sait très bien ce qu’il fait. C’était sans doute plus opportun de faire débuter Max (Machenaud) sur ces matchs. Je sais que je dois être peut-être un peu plus patient.

Arnaud Beurdeley
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