Mourad Boudjellal : « Une demie au Vélodrome ? C’est une obligation »

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    Mourad Boudjellal : « Une demie au Vélodrome ? C’est une obligation »
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Le président du RCT évoque le renoncement de la vente du club, la match face au Racing mais aussi sur les ambitions de Toulon cette saison.

Pourquoi avez-vous finalement renoncé à vendre vos parts ?

J’ai été victime d’un harcèlement quotidien et le fait que Bernard Laporte ait été élu à la FFR a pesé dans la balance. J’ai été rejeté par le monde du rugby professionnel, par des personnes salariées ou élues qui cherchent constamment à mettre en place des règles pour handicaper les personnes qui participent au développement du Top 14. Pourtant, quand ces personnes étaient au pouvoir dans leur club, elles ont été plus médiocres que flamboyantes, notamment dans leur politique économique. Avec l’avènement de Bernard Laporte, j’ai retrouvé l’espoir d’avoir un sport avec moins d’injustices. Et puis, je suis un fervent défenseur des emplois des modérateurs de rugbyrama.fr. Sans moi dans le rugby, ils allaient pointer au chômage.

Qu’allez-vous faire concrètement au niveau des instances ?

Demander des comptes. J’aimerais savoir comment est dépensé l’argent que nous gagnions notamment grâce à l’augmentation des droits télés. D’ailleurs, pourquoi ne pas mettre en place un salary cap au niveau des notes de frais de la Ligue? J’ai remarqué que les catégories d’hôtel avaient changé ces dernières années. Il me semble que les frais engendrés par la LNR sont disproportionnés. Or, j’attends de mes dirigeants qu’ils aient une vision pour le développement de notre sport. Ce n’est pas en nous obligeant à passer leur hymne que cela va ramener du monde dans les stades et notamment le dimanche soir.

Vous ne paraissez pas emballé de débuter l’année par un prime time le dimanche ?

Le match du dimanche à 21 heures est un assassinat ! Je sais très bien pourquoi on place très souvent le RCT sur cette case. On fait de l’audience et notre diffuseur est très content. Il a payé très cher un produit qu’il entend valoriser selon ses intérêts. Normal. Mais les gens qui ont négocié pour nous n’ont regardé que le montant du chèque. Mais aujourd’hui, qui sait ce que sera l’audience télé dans cinq ans ? On sait seulement ce que cela va nous rapporter mais pas quel sera le devenir d’un média voué à évoluer considérablement.

Venons-en au match du Racing…

… (il coupe) Qui nous a éliminés des deux compétitions la saison dernière. Le Racing nous est passé devant. Il y a dix ans, je disais que le RCT pouvait devenir champion de France en fonction des circonstances mais que le projet de Jacky Lorenzetti ferait de son club un champion assuré. Je ne me suis pas trompé. Nous sommes derrière eux, dorénavant, à chercher à nouveau un contexte pour essayer ponctuellement de les dépasser et les battre.

Dès ce dimanche soir ?

Ce sera très difficile car notre famille n’est pas encore au complet, alors que le Racing va venir avec toutes ses stars et n’a plus que le Top 14 à jouer. Nous sommes encore en course sur les deux tableaux et on voit que le nombre de blessures ou de joueurs aptes fait souvent la différence dans ce type de confrontations.

Une victoire serait-elle synonyme de match référence pour le RCT, très irrégulier depuis le début de la saison ?

Non, une victoire référence, c’est en déplacement qu’elle s’obtient. Et j’espère bien connaître à nouveau ce sentiment très bientôt. Pourquoi pas dans trois semaines, à Londres, face aux Saracens.

Que pensez-vous du duo Mike Ford-Marc Dal Maso que vous avez mis aux commandes, à la fin septembre ?

Je tiens à préciser que ce n’est pas un président qui vire son entraîneur mais les résultats. On n’a jamais vu un entraîneur évincé à la suite d’une série de victoires. Mike Ford et Marc Dal Maso mettent en place un jeu ambitieux, qui se veut spectaculaire. Il doit nous amener des résultats.

Lesquels ?

Je ne me vois pas ne pas être de la fête du printemps à Marseille ! Être en demi-finale au Vélodrome me paraît être une obligation. Je pourrais regarder les demi-finales devant mon écran géant, tranquillement sur mon canapé, mais je préfère les voir en direct.

Pouvez-vous jouer un rôle dans les relations entre la FFR et la LNR ?

Pour le moment, je ne suis qu’un observateur et je me tiens en retrait. Ce que je peux dire, c’est que la LNR ne sait pas parler à Bernard Laporte ! On ne cherche pas le rapport de force avec Mike Tyson ! C’est suicidaire. Bernard Laporte est le patron du rugby français. Il a obtenu ce mandat pour quatre ans. Il faut discuter avec lui, l’écouter et venir avec des arguments cohérents.

Et lui donner raison sur un nouvel horaire pour le match télévisé du dimanche après-midi ?

Oui car il a raison quand il affirme que le dimanche après-midi doit être consacré au rugby amateur. Revenons à des rencontres le vendredi et le samedi soir. Pourquoi pas une à 17 h 30-18 heures et exceptionnellement à 21 heures mais laissons cette case aux amateurs !

Pierre-Laurent Gou
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