Boughanmi : « C'est un rêve de gosse »

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    Boughanmi : « C'est un rêve de gosse »
Publié le , mis à jour

C'est avec beaucoup d'émotions, que le pilier rochelais, Mohamed Boughanmi, est revenu sur sa convocation avec le XV de France. Au vue de son parcours atypique, cet appel est pour lui une fierté mais aussi une consécration.

Comment avez-vous appris votre convocation au sein du XV de France ?

Mardi, un ami à moi, m'a envoyé un message en me disant qu'il avait acheté le Midi Olympique et que mon nom apparaissait pour les possibles nouvelles têtes de l'équipe de France. J'ai été surpris, je me suis entraîné normalement ce jour-là tout en y pensant tout de même un peu. Mais je n'ai prévenu personne. Je n'ai pas dormi de la nuit... Et mercredi je vois mon nom. J'ai tout éteint, j'ai ouvert mon téléphone et j'ai appelé mes parents. Mon père travaillait quand je l'ai appelé, il a été surpris et heureux. Mes frères ont eu la même émotion ainsi que ma sœur qui a même voulu arrêter de travailler à ce moment précis pour pleurer. Quant à ma mère, qui est actuellement en Tunisie, elle m'a dit « Equipe de France... comme Uini ? » C'est le seul joueur qu'elle connaît comme elle ne connaît pas trop le rugby. Je suis heureux et fier d'avoir la chance d'intégrer ce groupe.

Vous parliez de Uini justement, avez-vous eu des messages de votre « grand frère » ainsi que de Kevin Gourdon, vos coéquipiers rochelais qui connaissent l'aventure internationale ?

Bien sûr. Ils sont très heureux pour moi et m'ont dit que ce n'était que le début. Il va falloir s'accrocher et travailler car le plus dur c'est d'y être et d'y rester. Je les écoute attentivement, je sais que je dois encore progresser.

Cette convocation valide en tous cas le choix que vous avez fait de quitter Toulon et d'intégrer les rangs du Stade Rochelais...

Quand je vois où j'en suis aujourd'hui et qu'il y a cinq ans je travaillais dans le restaurant de mes frères, je me dis que tout peut arriver. J'ai été pris en Pro D2 à Béziers, ensuite Toulon où je n'ai pas beaucoup joué et je pensais que c'était fini pour moi. Mais Patrice Collazo m'a appelé, c'est un entraîneur qui a cru en moi (Mohamed Boughanmi est très ému à ce moment-là, jusqu'aux larmes....)

Le travail paie aujourd'hui pour vous...

Je n'ai rien lâché. Mes proches ont toujours été derrière moi. C'est un rêve de gosse, aujourd'hui je suis en train de le réaliser... Et j'en suis fier. Tout mon parcours c'est aussi grâce à mes parents, à mes frères. Et voilà... (larmes). Je suis fier d'avoir l'occasion de porter les couleurs de la France, c'est mon pays je suis né ici.

A vous entendre et à voir cette émotion, on constate que l'intérêt que vous portez pour l'équipe de France est immense...

Quand j'étais môme je voyais des joueurs de l'équipe de France à la télévision, je voyais les supporters dans des stades et j'avais envie de ressentir cette sensation d'être en plein milieu et d'entendre la marseillaise. Maintenant, je fais partie de cette liste des 32 je n'ai qu'un mot d'ordre : travailler sans cesse. Je ne vais rien lâcher, pour moi c'est une nouvelle aventure.

Etes-vous préparez à cette frustration possible que vous ne pourrez pas faire partie du groupe final ?

Je suis préparé bien évidemment. Etre 32ème c'est déjà beaucoup. Maintenant a moi de prouver, de travailler, de confirmer.

A quoi vous attendez-vous lors de votre arrivée à Marcoussis ?

Je pense que physiquement ça va être un haut niveau. Marcoussis est un lieu que je connais, j'y suis resté un an en moins de 19 ans. Je connais les structures mais il va falloir que j'écoute attentivement tout ce qui va se dérouler pendant cette aventure et surtout comme je le répète bosser.

 

Par Jessica Fiscal, à la Rochelle

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