Nouvelle-Zélande: les liens controversés de Sonny Bill Williams

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    Nouvelle-Zélande: les liens controversés de Sonny Bill Williams
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Le double champion du monde a vu son contrat avec BMW remis en question après des plaintes au sujet de ses liens avec des prêcheurs musulmans.

La société BMW va-t-elle modifier les liens qui l’unissent à Sonny Bill Williams ? Le joueur est devenu son ambassadeur en Nouvelle-Zélande depuis octobre, mais le double champion du monde avec les All Blacks (33 capes) a été l’objet des plaintes d’associations homosexuelles et juives de Nouvelle-Zélande. En cause, des liens et des photos du joueur sur les réseaux sociaux avec des prédicateurs musulmans nommés Mufti Ismail Menk et Ebrahim Bham. Menk est notamment connu pour ses positions virulentes contre la communauté homosexuelle. Les commentaires désapprobateurs ont fait florès sur la page Facebook de BMW Nouvelle-Zélande. Paul Sherley, le porte-parole de la compagnie automobile, s’est exprimé : « Le contrat va rester tel qui l’est. Mais nous avons pris en compte les plaintes et nous réfléchissons à la meilleure façon d’utiliser Sonny Bill dans son rôle. » Le patron de BMW Nouvelle-Zélande, Florian Renndorfer, a déclaré pour sa part qu’il était ravi d’avoir le joueur comme ambassadeur. En octobre, le joueur s’était vu offrir un véhicule d’une valeur de 160 000 dollars néo-zélandais, soit 108 000 €, en échange de diverses apparitions publiques. Une autre photo a fait scandale, celle où Sonny Bill effectue un salut doigt levé, un geste qu’auraient adopté les combattants de Daech.

Une carrière hors norme

Si les réactions sont restées plutôt modérées, tout le monde a remarqué que le site de BMW ne faisait pas référence à la collaboration avec le joueur à la différence d’autres ambassadeurs connus. Né à Auckland, élevé en Australie et d’origine samoane, Sonny Bill Williams s’est converti à l’islam en 2008 durant son passage à Toulon, devenant ainsi le premier joueur musulman des All Blacks. Ce joueur hyper doué techniquement a toujours été un objet de fascination, pour sa carrière hors-norme qui l’a vu passer du XIII au XV en passant par le VII, de l’Australie à la Nouvelle-Zélande en passant par la France et le Japon et même la boxe (il a disputé des combats professionnels dans la catégorie poids lourds).

Il n’a jamais caché que son enfance et son adolescence furent très agitées. Il a toujours expliqué que sa conversion à l’islam avait été une étape décisive de son existence. Il a souvent expliqué qu’il s’était éloigné des pratiques démonstratives des jeunes sportifs et notamment de la mode des tatouages. « Plus de tatouages pour moi, frère. J’en ai déjà trop ! Voilà mes souvenirs de mauvais garçon. Je me sens encore la même personne mais la conversion m’a donné de la satisfaction et du bonheur, je ne sais pas comment l’expliquer. J’ai grandi en tant que chrétien mais l’Islam est devenu pour moi un mode de vie. » Il faut reconnaître que le joueur n’a jamais tenu de propos agressifs, ni discriminatoires, tenant à donner de lui l’image la plus digne et la plus chaleureuse possible. Il avait touché le monde entier après la finale de la dernière Coupe du monde quand il avait remis sa médaille à un jeune garçon qui était venu à sa rencontre sur le bord du terrain.

À noter que le joueur souffre toujours de sa blessure à un tendon d’Achille contractée lors des JO de Rio. Il manquera les six premières journées du Super Rugby qu’il dispute désormais avec les Auckland Blues.

Jérôme Prévot
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