Chalon-sur-Saône : un beau bébé

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    Chalon-sur-Saône : un beau bébé
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Un an après sa création, le Rugby Tango Chalonnais est invaincu et devrait monter en fin de saison. Mais il doit encore lutter contre une image détériorée. 

Il y a un an, presque jour pour jour, naissait le Rugby Tango chalonnais sur les ruines encore fumantes de l’Association sportive Racing Club chalonnais (ASRCC), qui déposait le bilan après de longues semaines de débats animés en interne et en externe, par journaux interposés. Un an plus tard, le rugby existe donc toujours à Chalon-sur-Saône, mais il est descendu de quelques divisions. Depuis le début de saison, le RTC évolue en Promotion Honneur Bourgogne-Franche-Comté. Et il se balade. Invaincu depuis le début de championnat, il a pris onze bonus offensifs en treize journées, compte vingt points d’avance sur le deuxième du classement, et gagne ses matchs avec un écart moyen de quarante-deux points…

Les mauvaises langues ne s’en étonneront pas. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance pour le staff, composé des anciens entraîneurs des juniors Belascain, Arnaud Levasseur et Damien Léger, des Balandrade, Mathieu Verdreau, et de l’équipe réserve, Rudy Léger. « Quand nous avons été désignés pour reprendre l’équipe, notre plus gros travail a été de reconstruire un groupe, explique l’un des entraîneurs, Arnaud Levasseur. Nous avons commencé par prendre tous les noms de ceux encore présents au club. Certains ont préféré partir, ils ne voulaient pas jouer en Promotion Honneur. Beaucoup de jeunes sont restés. » Surtout, le staff a pu compter sur le soutien de grognards, pas si vieux pour l’un d’entre eux. Alors qu’il envisageait de ranger les crampons, le demi de mêlée, Christophe Cabadéï (35 ans), est reparti pour un tour de piste, accompagné par le talonneur, Julien Juillet (28 ans). « La présence de ce dernier nous a aidés, reconnaît le coach. Nous avons pu construire et communiquer sur son nom. »

« Nous payons encore pour les conneries des autres »

D’anciens Chalonnais sont également revenus au bercail pour aider à la reconstruction. L’ailier, Sofian Takouachet, est revenu de Beaune, l’ouvreur, Clément Levasseur, de Verdun-sur-le-Doubs, et le centre, Julien Gastaldo, est sorti de sa retraite. « Au-delà des résultats, la présence de ces joueurs fait beaucoup de bien aux jeunes dont certains étaient un peu dilettantes, se réjouit l’ancien entraîneur des juniors. Ils sont présents à tous les entraînements, travaillent beaucoup. » Ils sont à l’image du club, qui doit reconstruire, repartir pratiquement de zéro et lutter contre une image encore bien terne. L’image du club riche lui colle forcément à la peau, et il va falloir du temps pour en changer. « Dimanche dernier (le 12 février, N.D.L.R.), on m’a encore demandé si entraîneur était mon métier, sourit Arnaud Levasseur, employé à la SNCF. Tout le monde, joueurs ou entraîneurs, est reparti pour zéro. Et nous ne sommes pas arrogants. Nous ne prenons personne de haut. Le président, Bernard Lecuelle, est intransigeant sur ce point. Après, nous ne sommes pour rien concernant le passé. Mais nous payons encore pour les conneries des autres. » 

 

Par Sébastien Fiatte

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