[Technique] : L'animation à l'Irlandaise

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Publié le , mis à jour

Si la mode est à la répartition des cellules d’avants sur la largeur, d’autres nations fonctionnent différemment. l’Irlande en premier lieu… analyse. 

L’animation offensive, qu’ès aco? Tout simplement ce que l’on souhaite en faire… Ainsi, si la grande mode du moment réside en la répartition des avants par cellules sur toute la largeur du terrain (qu’il s’agisse du 2-4-2 des Blacks, ou du 1-3-3-1 pratiqué par le XV de France), d’autres formations résistent à la mode, en respectant les bons vieux principes du mouvement général, tout en l’adaptant… Le meilleur exemple? Il réside probablement dans le jeu pratiqué par les Irlandais. Bien conscient que ses joueurs (notamment derrière) n’ont pas les qualités «athlétiques » pour créer des différences individuellement, le sélectionneur Jœ Schmidt préfère miser sur leurs qualités, à savoir de gros porteurs de balle en troisième ligne et une excellente technique dans les déblayages. De quoi proposer à ces derniers un jeu adapté à leurs qualités: explication, exemple à l’appui. D’abord, pour que les repères du mouvement général et le jeu même sens s’avèrent efficace, il faut leur créer les conditions idéales, à savoir jouer en avançant. Voilà pourquoi les Irlandais cherchent toujours à se montrer les plus cliniques possible sur leurs lancements de jeu, étude de l’adversaire à l’appui. Si l’avancée n’a pas lieu? Les Verts ne s’embarrassent pas, et cherchent à renverser la pression par le pied. Si le lancement fonctionne? Le jeu se met en branle, qui passe d’abord par un énorme travail préparatoire des avants. Autour de porteurs de balle identifiés (à savoir les troisième ligne Stander, O’Brien et Heaslip, qui touchent à eux trois sept ballons sur l’action détaillée ci-dessus), les Irlandais placent systématiquement un ou deux joueurs de soutien, et un trois-quarts dans leur dos.

Cellules d’avants pour travail préparatoire

Méthodiquement, les Verts explorent alors le même sens, jusqu’à ce que la ligne de trois-quarts se reconstitue, et qu’elle identifie une situation idoine. Auquel cas, le trois-quarts passe devant la cellule d’avants et appelle directement le ballon. Si le jeu est possible, l’idée est de rechercher rapidement les extérieurs. Sinon, l’ouvreur passe par un jeu en croisée, destiné là encore à conserver le ballon à moindre risque. À partir de là, le travail de sape des avants recommence, explorant le sens «retour » tout aussi méthodiquement.

Identification et gestion des surnombres

Alors bien sûr, on leur rétorquera qu’en procédant de la sorte, les Irlandais ne peuvent se montrer dangereux sur toute la largeur (un seul avant, généralement un des troisième ligne, se voyant charger d’occuper le couloir opposé au sens du jeu). Cela est vrai, certes, mais n’est pas le but des Irlandais qui, au contraire des Blacks ou des Bleus, n’ont pas l’ambition de pouvoir attaquer n’importe quelle zone à n’importe quel moment. Plus portés sur la patience, les verts cherchent à déstabiliser la défense, jusqu’à créer les situations de surnombre et les explorer simplement. Au final ? Si les Bleus parviennent à rivaliser sur la ligne d’avantage et à empêcher les porteurs de balle irlandais de faire des différences, ces derniers seront privés de solutions et chercheront à viser le troisième rideau par du jeu au pied. Plus facile à dire qu’à faire, on vous l’accorde… 

Nicolas Zanardi
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