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Comme à leur mauvaise habitude, les Bleus se sont montrés terriblement maladroits en Irlande, au point d’effectuer une quinzaine de fautes de main qui les ont contraints à beaucoup trop défendre…

C‘est bien connu, un match de rugby de haut niveau ce joue sur des détails. Des détails comme ce microscopique et pourtant indiscutable en-avant commis par Gaël Fickou, qui priva Lamerat de l’essai qui aurait pu porter l’avance des Bleus à dix points. « Honnêtement, en direct je ne me rends pas compte que je le fais, avouait après coup le centre stadiste. Ce n’est qu’en voyant les images de l’arbitrage vidéo, sur le grand écran, que je m’en aperçois. » Allez, on passera donc sur ce fait de jeu, à la rigueur, quand bien même celui-ci aurait pu être joué autrement (notamment si Huget avait passé son ballon avant d’aller au conttact), et priva les Bleus de quatre points (l’essai potentiel ayant été compensé par une pénalité de Lopez). Mais tout de même, une question se pose: faut-il vraiment parler de « détails » et encore moins de hasard, lorsque les maladresses se multiplient avec une telle régularité. Déjà contre l’Écosse, ou dans une moindre mesure contre l’Angleterre, les fautes de main s’étaient accumulées, pénalisant le jeu des Bleus. Alors, si les conditions météorologiques doivent bien évidemment être évoquées comme circonstance atténuante, difficile de classer toutes ces maladresses en pertes et profits. À commencer par celles commises par les « Sud-Africains » Scott Spedding et Bernard Le Roux (auteur de trois en-avant sur six ballons), d’autant plus difficiles à avaler qu’elles relèvent de la technique individuelle basique et furent lourdes de conséquence. Depuis quand un arrière ne se retourne-t-il pas à la réception d’un jeu au pied sans pression ? Depuis quand un troisième ligne ne tend-il pas les mains pour réceptionner une passe ? Il y a de quoi, à voir pareilles erreurs, devenir fou de colère. D’ailleurs, le fait de voir sortir Le Roux sitôt après son en-avant de la 60e, sur une séquence de plus de quatre minutes sur laquelle flottait un air de K.-O., nous laisse penser que nous n’étions pas les seuls dans ce cas en tribunes…

Maestri et la rigueur

D’où cette question bête : à voir se reproduire tant d’en-avant et de maladresses, les Bleus ne sont-ils tout simplement pas invités à ce niveau ? On inclinerait presque à le penser, si Yoann Maestri n’était pas là pour nous rappeler à un peu plus de mesure. Une analyse selon laquelle, moins que le talent, c’est la rigueur qui manque aux siens. « Le pire après un match comme celui-ci, c’est qu’on a le sentiment de faire les choses dans l’ordre, pestait le Toulousain. Nous sommes plutôt bons en mêlée, en touche, dans les rucks, sur la défense des ballons portés… C’est là que tu gagnes les matchs, normalement. Mais si tu sors de la pression pour la reprendre aussi sec parce que tu n’es pas rigoureux, ça ne sert à rien! Quand on attaque, on pollue notre jeu par les maladresses, mais aussi par l’indiscipline. J’ai souvenir d’une de nos rares bonnes séquences en deuxième période, que l’arbitre stoppe pour un déblayage au cou (signé Atonio, N.D.L.R.)… On n’a pas moins de qualités que les autres mais du point de vue de la rigueur, nous sommes très loin du compte.» Reste à savoir si, comme au sujet des rucks, le XV de France sera capable d’une remise en question totale d’une semaine à l’autre. Le problème, c’est que si le secteur du jeu au sol relève de en premier lieu de l’envie et sont « facilement » corrigibles, l’adresse et la discipline ne peuvent guère se mettre en bouteille. À l’instar du talent…

Nicolas Zanardi
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