Éric Pilaud : « Une journée de fou »

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    Éric Pilaud : « Une journée de fou »
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Ce matin, le président du FC Grenoble a reçu comme tout un chacun la nouvelle de la fusion entre le Racing 92 et le Stade français, avant d’apprendre qu’une plainte pour viol contre quatre de ses joueurs avait été déposée ce week-end à Bordeaux. Autant dire que pour Éric Pilaud, la fin de championnat s’annonce plus riche en émotions contradictoires que prévu…

La nouvelle de la fusion entre le Racing et le Stade français, tombée ce lundi matin, a surpris tout le monde. En étiez-vous informé ?

Jacky Lorenzetti et Thomas Savare sont de très bons cachottiers car jamais ce bruit n’a filtré parmi les présidents du Top 14. Je tiens d’ailleurs à féliciter les dirigeants des deux clubs, et rendre hommage à leur projet. Certains parlent de province, je vois surtout que le Racing 92 et le Stade français se trouvent tous deux dans la même zone de chalandise et ont l’intelligence de bâtir ce projet sous l’angle de la formation. Beaucoup de personnes se sont étonnées de la stratégie de la famille Savare, à savoir tous ces départs officialisés sans recrutement pour les compenser. Je pense qu’ils avaient plutôt bien préparé leur affaire. Chapeau à eux car, dans un projet comme celui-ci, la clé de la réussite est qu’il reste secret. On en a eu la preuve il n’y a pas si longtemps au pays Basque…

 

Indirectement, la nouvelle de cette fusion relance la lutte entre Grenoble et Bayonne, puisque la 13e place sera probablement synonyme de maintien…

En ce qui concerne le FCG, il faut d’abord attendre la LNR se prononce sur le mode d’un éventuel repêchage. Bayonne dispose d’un calendrier qui me semble un peu plus favorable que le nôtre, cela promet un match terrible à Jean-Dauger lorsque nous nous rendrons là-bas. Cela donne en tout cas beaucoup d’espoir, parce que l’on se préparait à une fin de saison un peu triste après les résultats de ce week-end, et je suis d’ailleurs certain que le président de Bayonne se trouve dans le même état d’esprit que moi. C’est une superbe nouvelle pour nos deux clubs. A nous de désormais prouver sur le terrain que l’on mérite de rester en Top 14, car le week-end dernier, Bayonne comme nous n’avons pas été à la hauteur.

 

Un éventuel maintien pourra-t-il bouleverser votre stratégie en termes de recrutement ? Depuis quelque temps, le FCG semblait plutôt préparer son rebond en Pro D2…

Au plus tôt arrivera la confirmation de la fusion entre le Stade français et le Racing, mieux ce sera pour nous. Lorsqu’on lutte pour la descente, le recrutement est une affaire de prise de risque… Mais en plus de la confirmation la plus rapide possible, il appartiendra aux joueurs et au staff de faire le nécessaire le plus vite possible, pour réduire un tant soit peu cette prise de risque. On sait qu’il n’est jamais bon de recruter au tout dernier moment. Mais quoi qu’il en soit, si nous nous maintenons à la fin de la saison, nous aurons un recrutement de fait, puisque les joueurs qui disposaient d’une clause de relégation ne nous quitteront pas.

 

Malheureusement, cette première bonne nouvelle de la journée a été ternie par l’information divulguée par France Bleu Gironde, selon laquelle une plainte pour viol a été déposée contre quatre de vos joueurs dans la nuit de samedi dernier à Bordeaux ?

Ce lundi, ça a été une journée de fou. J’avais à peine commencé à travailler sur la bonne nouvelle du matin que cette autre information est tombée. Qu’en dire ? D’abord, on ne sait pas grand-chose. C’est une affaire privée qui concerne des joueurs de notre club, dans laquelle les enquêteurs ne nous ont pour l’heure pas contactés. Honnêtement, à l’heure où je vous parle, je n’en connais pas encore le nom des joueurs impliqués. Il s’agit donc pour nous de laisser agir la justice, en faisant valoir la présomption d’innocence. Si ça se trouve, cette histoire, c’est beaucoup de bruit pour rien. Mais si l’affaire est sérieuse, nous agirons évidemment en conséquence. Il s’agit donc d’attendre les résultats de l’enquête, et pour l’heure d’essayer refocaliser le groupe sur les éléments positifs de cette journée. Car vous vous en doutez, tout le monde est extrêmement perturbé ! C’est comme au jeu de l’oie, quand on croit avancer d’une case, on recule de trois. Et on s’en serait bien passés…

Nicolas Zanardi
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