Grenoble face à la crise

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    Grenoble face à la crise
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Après l'espoir d'un maintien attisé par la nouvelle de la fusion du Racing et du Stade français, le FCG a appris l'accusation de quatre de ses joueurs pour un viol samedi dernier à Bordeaux, avant de mettre un terme mardi matin à sa collaboration avec l'entraîneur principal Bernard Jackman. Face à cette tornade, le président Éric Pilaud a convoqué la presse. Voici les trois points à en retenir.

L'éviction de Bernard Jackman

« Nous avions prévu de faire un bilan aux deux tiers de la saison. Qu'on ait 99 % ou 50 % de chances de descendre n'entrait pas en compte dans mon jugement : ce que je voulais, c'était assister à une bonne fin de saison. Quitte à mourir, autant que ce soit de manière glorieuse... Or, il y a bien sûr eu du mieux contre Paris et le Racing, mais entretemps le déplacement à Pau avait été une déception. Du coup, nous avions décidé d'un rendez-vous après Bordeaux... Il nous est apparu qu'au vu de la dynamique actuelle, mieux valait continuer avec un nouveau coach la saison prochaine, avec une philosophie similaire à celle de Bernard Jackman. Or, le sprint final à venir est tellement important qu'il nous a semblé de donner quelques repères de stabilité aux joueurs pour cette mission commando de six semaines. Son projet et ses compétences ne sont pas en cause, je suis d'ailleurs persuadé que Bernard demeure un des meilleurs entraîneurs d'Europe. La difficulté, c'est que la mayonnaise n'a pas pris et qu'à ce moment de la saison, on attend des certitudes dans certains aspects du jeu. Le paradoxe, c'est qu'un de nos points noirs structurels de la saison, à savoir la conquête, a été bonne à Bordeaux. Mais il y a eu trop de manques ailleurs pour ne pas ne pas prendre le risque de créer un électrochoc. Appelez la ça la gnac, le supplément d'âme, comme vous voulez, mais cela nous manquait... »

 

Les joueurs face à leurs responsabilités

« Bayonne va nous recevoir pour un match à huit points, et recevra aussi le Stade Français dont on ne sait comment il va réagir à l'actualité. À nous de faire en sorte que notre destin dépende de nous. Le discours aux joueurs a été de les placer devant leurs responsabilités. L'échec d'une saison n'est pas seulement celle d'un entraîneur. Ils ont six matchs pour se sauver d'une manière miraculeuse, à eux de prendre leurs responsabilités. Le reste du staff reste là pour épauler les joueurs, mais on attend que des leaders apportent un électrochoc. On attend d'eux un effet de groupe, une autre communication. »

 

Pas d'enquête interne ni de sanctions... pour l'instant

« Nous n'étions pas au courant de ces accusations lorsque nous avons quitté Bordeaux. Nous les avons apprises comme vous, lundi matin dans la presse. Le club n'organise pas de sortie en boîte de nuit. Une carrière de sportif de haut niveau implique une hygiène de vie. D'ailleurs, après le repas au restaurant, 95 % des joueurs sont rentrés à l'hôtel. Certains joueurs se sont confiés en donnant leur version, mais nous leur avons assuré que c'était leur problème. Le club ne les jugera pas mais ne les protégera pas dans une affaire privée. D'ailleurs, comme je respecte la présomption d'innocence, je n'ai pas diligenté d'enquête interne. Personne n'est mieux placé que la police pour effectuer ce travail. J'ai d'ailleurs hâte que l'enquête avance pour nous sortir au plus vite de l'inconfort actuel, et permettre à ceux qui n'ont rien à se reprocher de retrouver une dignité. Il est évident que s'ils sont avérés, de tels faits seraient répugnants et inacceptables, et il y aurait des conséquences, même si celles qu'un club peut donner à ce genre de faits ne soient pas grand-chose au regard de ce qui est prévu par la loi. Par ailleurs, si l'enquête ne donne rien, il y aura tout de même des sanctions de notre part. »

Nicolas Zanardi
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