Il faut sauver le soldat Morgan

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    Il faut sauver le soldat Morgan
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Malgré les 65 points inscrits par l’ASMCA, une ombre se dressait au tableau, à savoir la nouvelle sortie prématurée de Morgan Parra. Un constat que l’on peut craindre de voir se réitérer lors des grosses échéances à venir, si de nouveaux porte-flingues ne se lèvent pas rapidement...

Soixante-cinq points, neuf essais inscrits, et une double revanche par rapport à l’adversaire qui les avait battus au match aller, mais également sur eux-mêmes et des comportements jugés indignes dans l’engagement face à Montpellier. C’est peu dire, en résumé, que les Clermontois se sont remis les idées en place face à la Section paloise. Plus que jamais accrochés à la deuxième place synonyme de qualification directe en demi-finale, les Clermontois ont clôturé en beauté le dernier doublon de la saison, et préparé au mieux le retour des internationaux avant le grand départ pour leur « traditionnel » stage post-Tournoi au sud de l’Espagne. De quoi raviver quelques sourires, et permettre à Benjamin Kayser de régler ses comptes avec les sévères analyses ayant ponctué la défaite à domicile de la semaine dernière. « On doit gérer ce qui se passe dans le groupe et aussi ce qui s’en dit au-dehors, grinçait le talonneur international. Ce soir, nous ne sommes champions de rien, mais nous n’étions pas des sous-merdes non plus la semaine dernière. Tout ce que l’on demande, c’est d’être jugés à la fin. »

 

Traitement de faveur

Tout irait donc pour le mieux, au royaume de Clermont ? Justement, pas vraiment. Car au-delà de la démonstration de force réalisée face à Pau, les Auvergnats ont une nouvelle fois perdu leur demi de mêlée Morgan Parra, contraint à rester aux vestiaires après la pause. Oh, rien de méchant en soi, à peine un gros hématome sur le tibia. Un petit miracle d’ailleurs, si l’on veut bien considérer que le demi de mêlée international (et capitaine de l’ASMCA pour l’occasion) aurait pu payer beaucoup plus cher certaines exactions paloises, entre le déblayage au casque de Vatubua et le plaquage sans ballon de Votu… « Morgan a encore chargé une paire de fois, ça commence à devenir gonflant, grognait l’entraîneur des avants Didier Bès. On ne peut pas se faire nous-mêmes la police, mais il va falloir commencer à s’organiser. C’est notre leader de jeu, il a un rôle particulier au sein de notre équipe, et nos adversaires le savent. Mais il va falloir que cela s’arrête. » Une référence, bien sûr, à sa sortie prématurée sur commotion voilà quelques semaines à Bordeaux. Mais également au traitement de faveur réservé à son encontre par les Montpelliérains la semaine dernière…

 

Où sont passés les gardes du corps ?

Rien de nouveau sous le soleil, vous nous direz ? Évidemment non. Le rugby français en a d’ailleurs payé le prix, en perdant une finale de Coupe du monde en 2011, tout comme le CSBJ en finale du Challenge européen en 2009. Et après tout, que le bourreau se nomme McCaw, Lawes ou Tartemuche, cela ne change rien au constat  : leader de jeu et de combat, d’autant plus essentiel à l’ASMCA durant les doublons en l’absence de Camille Lopez, Morgan Parra a toujours été visé par ses adversaires. Et d’autant plus qu’à Clermont, son hégémonie au poste de demi de mêlée ne sera vraiment contestée qu’à partir de la saison prochaine avec l’arrivée de Greig Laidlaw. De quoi lui demander de prendre un peu de recul ? « Surtout pas, corrige Bès. C’est le jeu de Morgan de s’engager. Le week-end dernier, il a plaqué, combattu, gratté plusieurs ballons comme peu de demis de mêlée le font… Il s’expose plus que les autres, c’est sûr, mais cela n’excuse pas tout. » Au point de devoir inciter les Jaunards à montrer un peu plus les dents pour protéger leur demi de mêlée, qui souffre cruellement de l’absence de « bodyguards » depuis les départs de ses vieux grognards Cudmore ou Bonnaire ? C’est à peu près cela, oui… « Nous allons peut-être devoir fournir un peu plus de protection autour de lui, oui, confirmait Bès. C’est un sujet dont nous avons déjà discuté, mais dont on va de nouveau débattre lors de notre stage. » En effet, sans porte-flingues désignés pour protéger autrement leur stratège, on imagine mal les Clermontois remporter un titre cette saison. Et donner à la fin un jugement qui satisfasse Benjamin Kayser…

Nicolas Zanardi
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