Du passé au futur…

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    Du passé au futur…
Publié le , mis à jour

Drôle de match pour Hugo Bonneval. il s’apprête à défier sa future équipe alors qu’il vient de se battre, avec ses partenaires, pour sauver une partie de son passé.

Ce fameux lundi 13 mars, impossible de rater Hugo Bonneval sur le parvis du stade Jean-Bouin. Ses chaussures jaune fluo tranchaient au milieu d’une marée rose. Quelques heures plus tôt, Thomas Savare et Jacky Lorenzetti avaient officialisé un projet de fusion de leurs deux clubs, provoquant la colère des joueurs stadistes et de leurs supporters réunis pour une manifestation improvisée.« Même si je ne serai plus là l’an prochain (il a signé à Toulon pour trois ans), je ne me voyais pas ne pas être solidaire de mes potes, disait-il ce soir-là.Je n’ai connu que le Stade français et je n’ai pas envie de voir ce club disparaître. » Au nom de son passé, l’international s’est donc mobilisé la semaine passée au même titre que ses partenaires alors que son futur s’écrira loin de Paris. Ironie du sort, ce futur se présente dimanche à Jean-Bouin.« Je n’ai pas grand-chose à dire sur Toulon, confie-t-il.J’ai surtout envie de bien terminer mon histoire avec le Stade français. » Et de confesser : « Dans cette histoire, je ne suis pas le plus à plaindre car je sais de quoi mon avenir sera fait.Certains de mes partenaires, eux, sont dans une situation bien plus inconfortable. Ils sont dans l’attente. »

 

« Ce qui s’est passé ne peut pas et ne doit pas être oublié »

Lundi matin, après avoir levé leurs piquets de grève, les Stadistes ont repris le chemin de l’entraînement après l’annonce du retrait du projet de fusion.« Vu nos résultats, c’est peut-être notre plus belle victoire de la saison », a ironisé l’un des cadres de l’équipe.Une victoire qui ne les aveugle pas. L’avenir n’est pas encore rose. Tant s’en faut.« Ce qui s’est passé ne peut pas et ne doit pas être oublié, glisse Bonneval .Notre rôle, c’est désormais d’assurer l’avenir du club sur le terrain.Notre responsabilité est encore plus forte après cette grève.Certes, on a montré des valeurs de solidarité mais, si on est ridicule dimanche contre Toulon, on va passer pour des clowns. » Et ça, Bonneval ne veut pas en entendre parler.

 

« Ce n’est pas le moment de parler de Toulon »

Tout comme il ne veut pas encore évoquer le RCT. Il y a quelques jours, le club varois a officialisé les venues de Fabien Galthié et Fabrice Landreau, sacrés ensemble champion de France 2007 avec le Stade français. « Pour autant, je ne les connais pas, assène Bonneval.Je me souviens bien avoir croisé quelques fois Landreau lorsqu’il était en charge de la formation du Stade et qu’il venait voir les équipes de jeunes au haras Lupins, mais ça s’arrête là. » Et de clore le sujet : « De toute façon, ce n’est pas le moment de parler de ça.Ma priorité, c’est de sauver le Stade français. » Quelques heures plus tard,les propos de Bonneval prenaient encore plus de sens. Il apprenait, comme ses partenaires, que la FFR avait décidé d’aller contre le report du match contre Castres, précédemment reprogrammé par la Ligue nationale de rugby. Une décision non sans conséquence pour les Parisiens. Au lieu de rejouer ce match contre le CO, ils pourraient se retrouver amputés de deux points au classement général. Qu’importe le résultat du bras de fer entre la FFR et la LNR, une victoire sur Toulon est impérative pour ne pas voir le spectre de la relégation sportive rôder de nouveau. Parce que, effectivement, Hugo Bonneval a raison : après avoir mené un mouvement de grève d’une semaine au nom de l’amour du maillot et pour éviter « la mort d’un club, comme ils l’ont revendiqué, la meilleure des réponses pour ne pas passer pour des blaireaux, c’est quand même sur le terrain qu’on doit la donner. » 

Arnaud Beurdeley
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