Mélé a fait plier Castres

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    Mélé a fait plier Castres
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Bombardé titulaire en raison des forfaits de dernière minute de Wisniewski et Bosch, l'ouvreur de fortune du FCG David Mélé a inscrit les 21 points de la victoire des siens, dont trois drops, et surtout celui de la victoire à la 79e. 

LE MATCH

Il est des jours qui s'annoncent sous des auspices moins heureux que les autres. Et l'on ne parle pas forcément ici de la pluie lancinante qui s'appliquait à refroidir le stade des Alpes... Ainsi, pour le FCG, le fait de voir ses deux ouvreurs Jonathan Wisniewski et Gilles Bosch déclarer forfait quelques minutes avant le coup d'envoi (déchirure à un adducteur pour le premier, crise d'appendicite pour le deuxième) pouvait difficilement apparaître comme un bon signe. Alors, ajoutez à cela la sortie précoce de Diaby (claquage) puis celle de l'emblématique Gengenbacher (genou), dont les larmes terriblement émouvantes annonçaient sans ambiguïté la fin de carrière, et vous conviendrez que la soirée des Grenoblois s'annonçait, encore, placée sous le signe de la scoumoune... Le truc ? C'est que ces Isérois ont décidément une capacité de résilience au-dessus de la moyenne. Portés par le pied en feu de son ouvreur surprise, le FCG a surtout profité de la terrible indiscipline castraise, symbolisé par une charnière Kockott-Urdapilleta très nerveuse. Car même si le CO crut tenir sa victoire dans les derniers instants à la grâce d'un essai de pénalité litigieux, c'est bien le FCG qui sut démontrer les vertus pour arracher une victoire à 14 cotre 15, grâce à un grand petit bonhomme du nom de David Mélé.

 

LE TOURNANT

Il résida évidemment à la 79e, avec ce drop signé David Mélé, alors que les Tarnais venaient tout juste de reprendre l'avantage. D'autant plus superbe qu'en l'absence de Lilian Saseras, sous le coup d'un carton jaune, Mélé avait dans un premier temps mené lui-même l'action de ses avants, avant de se reculer dans l'axe pour mieux être servi par Gelin, sous la pression de quatre défenseurs tarnais... Incroyable de sang-froid et d'aplomb. 

 

L'ACTION

Il s'agit forcément de celle qui suivit la pénaltouche castraise la 72e, alors que le score était de 18-13. Un choix en forme de quitte ou double, à l'épilogue particulièrement amer pour les Isérois. En effet, après avoir bien défendu sur le ballon porté de tarnais et résisté à une longue série de pick and go, la défense isérois semblait battue sur le renversement de jeu initié par Antoine Dupont, qui voyait Dumora décaler David Smith. Sauf que, pour la deuxième fois de la soirée, l'ailier du CO manquait son deuxième ballon dans l'en-but de la soirée, après celui de la 57e sur une passe au pied d'Urdapilleta. Le truc ? C'est que le scenario, déjà improbable, n'allait pas s'arrêter là. À la lutte avec Smith, le jeune Lilian Saseras, à peine entré en jeu, commettait l'erreur de propulser du bras le ballon hors des limites du terrain pour empêcher Smith de le récupérer par magie. Résultat ? Essai de pénalité, carton jaune, et une monumentale bronca du stade des Alpes face à cette action au fort goût d'injustice. Heureusement sans conséquences pour les Grenoblois, grâce au drop final de Mélé...

 

LE JOUEUR

Impossible de ne pas mentionner ici l'invité surprise David Mélé... Non prévu sur la feuille de match, le Catalan ne dut sa place de titulaire qu'aux forfaits successifs de Jonathan Wisniewskiet Gilles Bosch, à quelques minutes d'intervalle. Sa mission, s'il l'acceptait. Conduire de main (ou plutôt de pied) de maître le jeu isérois dans des conditions météorologiques difficiles, en occupant au maximum la moitié de terrain tarnaise. Et si possible, bien sûr, marquer quelques points au pied... Un challenge pour lequel Jonathan Wisniewski, avant-match, nous avait confié son intuition. « Je suis sûr que David va être très bon. C'est lui qui va nous faire gagner le match. » Une prédiction réalisée au-delà des espérances, avec un remarquable 4 sur 5 face aux poteaux, orné de trois drops pleins d'à-propos, y compris celui de la 79e, sous une pression terrible ! Un récital synonyme des 21 points de son équipe, et d'un espoir qui se prolonge de quelques semaines encore...

Nicolas Zanardi
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