Massy, sa révérence Coudol

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    Massy, sa révérence Coudol
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À 32 ans, le demi de mêlée Grégory Coudol a disputé son dernier match au stade Ladoumègue après plus de 200 rencontres disputées sous les couleurs de Massy. Il laisse une trace indélébile.

Ils sont venus, ils étaient tous là, Florent Maleville bien sûr, et même ceux de Saint-Nazaire, puisque Yann Dorbeaux avait fait le déplacement pour tenir la main de Greg Coudol dans son dernier soupir. La tête de fouine, le Lucky Luke de la vanne, ce « bouffeur de crâne » de tous les adversaires visiteurs du stade Ladoumègue, sur cette pelouse où il s’est élevé au rang de personnalité essentielle, a fait samedi sa dernière chistera. Baptiste Serin n’avait pas encore 10 ans qu’il balançait déjà son classique du ras des rucks, la feinte de départ l’œil sur la ligne, et la remise intérieur à qui pourra s’en saisir. La feinte de regard, chez Coudol, a beaucoup fait sa carrière. Le bluff, aussi. L’intelligence, en somme. Combien de deuxième ligne interloqués devant ce gringalet qui les menaçait ? La rage d’existence de ce club de Massy n’a pas été mieux incarnée que par lui-même. Il y a des ambitieux de la préparation qui toute leur vie cherchent à écrire leur plus beau discours de motivation. Coudol n’en a jamais répété qu’un seul, et puis très court : « Sortir d’ici en pouvant se regarder dans les yeux. » Être honnête, et pouvoir siroter sa bière tranquille, en fumant des grandes clopes.

 

Il termine avec Gonin

La fin de carrière de Greg Coudol avait réellement été initiée en 2014, lorsque ce grand amoureux de la camaraderie avait commencé à travailler chez un partenaire du club. Une place dans les assurances, il avait fallu grandir. Le club de Massy lui a donné ça. Et lui continuait de « faire » Massy. Le type bosse dur depuis trois ans chez ces employeurs qui ont reconnu son talent du « savoir être ». Il a carrément gravi des échelons. Il s’entraînait quand il le pouvait, ces trois dernières années, à 30 % des efforts que les autres produisaient, ce qui a fini par entrouvrir la porte à la titularisation à son cadet Benjamin Prier. 

Et c’est la personne de Coudol qui toujours donnait la direction au moment des grands combats. Le président François Guionnet confesse qu’il écoutait parfois en douce ses paroles avant les matchs, l’oreille tendue derrière la porte, pour savoir si son équipe allait gagner. Il y aura une absence, et un fantôme, la saison prochaine en Pro D2, dans le vestiaire de Massy. Greg Coudol est mort, et il est enviable. Un dernier match à domicile à 60 points pour clôturer une troisième montée en Pro D2, c’est un enterrement de première classe. Un seul petit accroc dans le protocole, les absences sur la feuille des blessés Girard et Ratinaud, les quatrième et cinquième éléments, avec Desassis et Denoyelle, du groupe de ceux qui ont fait les trois montées en Pro D2. Mais pour croque-mort, la boucle est bouclée, le premier entraîneur qui l’avait enfanté à Massy, et qui l’entraîne encore aujourd’hui ! Il avait 17 ans ce joueur de Mantes-la-Jolie, quand Stéphane Gonin l’a reçu dans son équipe en cadet. Il allait devenir deux ans plus tard champion de France Crabos. Son plus beau souvenir ? « L’année suivante en Reichel », est une réponse symptomatique. La première Reichel de Massy, montée de bric et de broc, avec « des chiens de la casse », des joueurs de Chevreuse et de Chilly-Mazarin, qui s’étaient imposés contre Toulon à Mayol, avant de finir en huitième contre Toulouse. Ce défi relevé avec les fils de la banlieue contre l’aristocratie du rugby, c’est Massy. C’était Coudol.

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