Trois mois plus tard ...

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Publié le , mis à jour

Pour les deux clubs, ce rendez-vous est l’aboutissement de trois mois de discours et de focus. Pour les Clermontois, il s’agit d’affirmer son retour dans le gratin européen, après une saison ratée. Pour Toulon, il s’agira aussi de valider les discours positifs, malgré les performances.

Quand certains affirment aborder ces rencontres décisives « comme les autres, pour ne pas ajouter de pression à la pression », Franck Azéma prend le contre-pied. « Les joueurs ne sont pas stupides, ils savent bien que ce ne sont pas des rencontres comme les autres. On leur répète pendant des mois qu’il faut faire d’énormes efforts pour sortir des poules et être présent en quart de finale. Si c’est pour leur expliquer, ensuite, que ce match n’a rien de spécial… » Cette tirade, vraie lorsque le technicien catalan la confiait en 2015, vaut toujours. Il le confirmait, il y a deux semaines, après la défaite à domicile face à Montpellier. « Chaque semaine, on essaie de rester focalisé sur le match du week-end mais depuis fin janvier que notre qualification est actée en Coupe d’Europe et qu’on connaît l’adversaire, évidemment que ce quart de finale est dans un coin des têtes. Que les joueurs y pensent et que, même inconsciemment, ils se préparent pour ce rendez-vous. » Nous y voici. Le quart de finale tant attendu, dans cette compétition qui tient tant au cœur des Auvergnats. « Elle génère des focus importants. Ce ne sont pas que des mots, confirmait Lamerat, qui découvre cette saison l’ambition européenne à la sauce auvergnate. Ces discours vis-à-vis de la Coupe d’Europe, je les ai entendus ailleurs mais ils n’étaient pas toujours suivis d’effets. Moi, j’ai pour habitude de tout jouer à fond, tout le temps. Ici, c’est un peu différent. Quand est arrivée la première rencontre de Champions Cup, en début de saison, je me souviens d’une ambiance différente, dès le lundi à l’entraînement. C’était plus studieux, plus calme. Je m’en suis un peu étonné. Je me souviens que Camille Lopez s’en était amusé : « C’est Coupe d’Europe, mec ! Ce n’est pas une semaine comme les autres ni un match comme les autres ». On retrouve cette atmosphère dans la ville et dans le stade, le jour du match. » Loin de la routine parfois soporifique d’une phase régulière de Top 14, la Coupe d’Europe apporte sa dose de piment aux semaines clermontoises.

Préparation à l’espagnole

Cette épice, les Clermontois sont allés la chercher de l’autre côté des Pyrénées. Lors d’un stage en Espagne désormais habituel, cette fois du côté de Valence. La saison dernière, l’escapade espagnole s’écrivait sous le signe de la cohésion et du « vivre ensemble » si présent dans les discours, pour relancer une saison au point mort. Les Clermontois s’étaient alors entraînés (un peu) et avaient fait la fête loin des regards (beaucoup). Cette fois, le déplacement à Oliva Nova a surtout été pensé pour préparer au mieux ce quart de finale. Au programme : réintégration expresse des internationaux et travail physique intense pour arriver prêt et frais pour ce quart de finale. « On a fait des bornes, effectivement, en sourit aujourd’hui le pilier Raphaël Chaume. Deux entraînements par jour et beaucoup de travail sur la répétition des efforts. Des plaquages, des sprints, des pas chassés enchaînés. En plus de quoi, on ne se déplaçait sur place qu’à pieds. On s’est amusé à compter : 10 km par jour. On a bien préparé ce quart de finale et toute la fin de saison. » Si les séances vidéo spécifiques au RCT n’ont commencé que cette semaine, le club varois est dans les conversations depuis bien longtemps. « On ne mélange pas tout : on ne peut pas préparer le Racing en faisant de la vidéo sur Toulon. On a attendu lundi pour y venir, d’abord individuellement. Mais le match est dans les conversations depuis quelque temps, confirme Chaume. Les Toulonnais, on les croise assez souvent pour commencer à bien les connaître ! Mais il y a toujours quelques petites nouveautés. » Dans un sourire, le pilier confirme finalement qu’il n’en dira pas plus.

Léo Faure
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