« Ne pas jouer les héros »

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    « Ne pas jouer les héros »
Publié le , mis à jour

Concernant la technique de plaquage dans le couloir des 5 mètres, Geoffrey Palis, arrière ou ailier du Castres Olympique, apporte son regard sur la technique à adopter, sa technique adoptée.

À quel moment décidez-vous de quitter le fond du terrain pour monter et « fermer » le couloir en défense ?

Dès que je vois le décalage, et que l’attaque compte un joueur en plus. En tant qu’arrière, je dois quitter le fond du terrain pour venir fermer le couloir. Pour être tout à fait précis, je dirais que le repère pour démarrer est au moment précis où l’attaquant déclenche la dernière passe, celle qui va envoyer le ballon en bout de ligne. Après, il faut le faire avec prudence, car on n’est jamais à l’abri d’un jeu au pied dans le dos et que l’ailier impair n’est pas toujours en couverture. Ensuite, on a deux possibilités : soit on va suffisamment vite pour arriver sur le receveur au moment où il capte le ballon et on le cueille, soit on temporise et on se sert de la touche pour défendre, le tout en communiquant avec son coéquipier intérieur pour ne pas se faire prendre.

Comment faire pour ne pas être pris par un crochet intérieur ?

C’est délicat en effet. L’idée est d’accélérer pour monter mais ensuite de réduire les appuis et la vitesse pour venir au plus près de l’adversaire, afin de déclencher le plaquage. Il faut aussi faire attention au regard : celui-ci doit être fixé sur les hanches de l’adversaire car nombre de joueurs feintent avec les épaules, le ballon ou les jambes.

Comment se prémunir d’un probable raffut ?

Il faut le casser avec le bras situé à l’intérieur. Si le joueur est face à nous, et qu’il va de droite à gauche, je vais me servir de mon bras droit pour baisser le bras qui raffûte. L’autre bras, situé à l’extérieur, est celui qui sert à enserrer l’adversaire. Pour ce faire, on engage l’épaule au niveau du bassin de l’attaquant.

Quid de la position des épaules ?

Elle est très importante. Les épaules doivent être orientées vers la touche, mais pas trop pour ne pas être pris sur un possible retour intérieur. L’idéal, c’est 45° en général. Sauf si l’on est seul, et que personne n’est là à l’intérieur. À ce moment-là, on tente d’être un peu plus de face, pour se retourner le plus rapidement possible en cas de retour intérieur.

Comment choisir la forme du plaquage ?

Tout dépend de la position sur le terrain. Si l’on est à cinq mètres de la ligne, il faut aller chercher plus haut sinon il va s’écrouler dans l’en-but. Après, cela dépend aussi de ses préférences. Personnellement, j’ai toujours préféré plaquer bas, car je sais que mon intervention défensive aura plus de chance de faire tomber l’adversaire de cette façon. Si l’on vise le haut, on s’expose à un raffut, ou à une percussion qui peut nous repousser.

Quelle est l’erreur à ne pas faire ?

Souvent, les défenses volent en éclat à cause d’initiatives solitaires. Il faut absolument bien communiquer entre partenaires, notamment sur la question du qui prend qui. Dans ces cas-là, il ne faut pas jouer les héros et rester dans le cadre collectif. En bout de ligne, on n’a pas toujours le temps de voir si un soutien est là ou pas. Or, cela change tout sur mon intervention ! Si je dispose d’un soutien intérieur, je pourrai par exemple mettre davantage d’intensité, car je sais que je suis couvert.

Simon Valzer
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