Clermont enterre Grenoble

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Obligés à l’exploit pour espérer une semaine de plus sauver leur tête en Top 14, les Grenoblois ont mathématiquement dit adieu à leur maintien samedi soir de la pire des façons, en encaissant un cinglant 59-18 sur leur pelouse face à une formation clermontoise remaniée. 

LE MATCH

C’était un secret de Polichinelle avant le coup d’envoi : officiellement, le FC Grenoble serait relégué à l’issue de cette 24e journée de Top 14. Tout l’intérêt de cette rencontre résidait, au final, dans la manière dont les Isérois allaient tirer leur révérence face à une formation clermontoise « mixte » (demi-finale de Coupe d’Europe à venir oblige…) mais dans l’obligation de s’imposer pour demeurer dans le duo de tête. Et le résultat est à ce titre édifiant… Car s’il faut reconnaître que les Grenoblois n’ont rien voulu lâcher dans l’état d’esprit, ces derniers ont mesuré, une fois de plus, l’écart qui les sépare d’une formation digne du Top 14. Même dans un jour (très) moyen, les Auvergnats tenaient en effet le bonus offensif à la mi-temps, grâce à des réalisations signées Lapandry, Lee et Penaud. Et encore, Lopez avait le bon goût de laisser de côté une dizaine de points au pied… La suite ? Elle fut plus ou moins du même tonneau, deux petits essais de Gelin et Dardet répliquant à ceux de Radosavljevic, Ulugia, Raka, Penaud, Strettle, Tuicuvu… Une litanie de points proportionnelle à un nombre stratosphérique de duels perdus et de plaquages manqués, qui a évidemment fait mal au coeur aux 14200 spectateurs présents, qui espéraient évidemment autre chose qu’un enterrement de première classe.

 

LE TOURNANT

Peut-il exister un tournant dans une rencontre à sens unique ? Si oui, il survint à la 33e minute. Alors que les Grenoblois venaient péniblement de recoller au score à 12-6, ces derniers peinaient à s’organiser pour ressortir de leur camp après le renvoi clermontois. Ainsi, à la retombée d’un dégagement de McLeod sans pression suffisante, les Auvergnats parvenaient à contre-attaquer. Stanley passait les bras au milieu du terrain pour Abendanon, qui franchissait et décalait Damian Penaud. Malgré le retour de David Mélé, le jeune Clermontois parvenait à aplatir en coin l’essai qui offrait à la fois aux siens une avance définitive, mais surtout le bonus offensif que l’ASMCA était venue chercher.

 

L’ACTION

Lapandry avait-il bien inscrit le premier essai du match ? On se posera longtemps la question. D’abord parce qu’à l’origine de l’action, une intervention défensive des Clermontois sur Charl McLeod pouvait très bien être suspectée d’en-avant. Mais surtout parce que le toucher à terre du troisième ligne parut, à la diffusion des images sur grand écran, éminemment suspect… Le truc ? C’est que Camille Lopez, en gros malin, s’empressa de botter la transformation, empêchant l’arbitre M. Brousset de faire appel à la vidéo. Voilà comment l’ASMCA prit l’avantage au score à la 23e minute, pour ne plus le lâcher...

 

L’HOMME

On l’avait laissé, la semaine dernière, sur une prestation plus que mitigée face à son club formateur du CA Brive. Le moins que l’on puisse dire est que, sur la pelouse du Stade des Alpes, Damian Penaud a remis les pendules à l’heure. Infranchissable en défense face au tonique duo Hunt-Nemani, l’international moins de vingt ans a surtout brillé offensivement. C’est d’abord lui qui, d’un numéro de funambule long de la ligne de touche, parvint à aplatir l’essai du bonus offensif malgré le retour de David Mélé. Mais surtout lui qui, tout au long de la partie, insuffla de la vitesse à l’attaque auvergnate, à l’image de son intervention de grande classe sur l’essai de Raka. De quoi légitimer un statut d’homme du match, et surtout de s’offrir un doublé mérité sur un bel exploit personnel, en première main après une mêlée à dix mètres de l’en-but isérois.

 

Nicolas Zanardi
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