Des ghettos à Bordeaux

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En mai, 17 jeunes sud-africains vont participer au 2ème Rugby Day de Bruges organisé par la fondation Heini Adams. Une opération à fort retentissement en termes d’échanges et de solidarité.

C’était il y a un an, et ce jour-là le ciel peut reconnaissant avait déversé une méchante pluie sur le stade Galinier de Bruges en banlieue bordelaise. Les averses avaient un pouvoir de nuisance, mais jamais elles ne sont parvenues à doucher l’enthousiasme des enfants, parents et organisateurs d’un bel évènement. Jamais elles n’ont pu noyer la jolie réussite du premier tournoi « Rugby Day » de l’association Heini Adams. Le soir, au chaud d’une chaleureuse troisième mi-temps, Heini Adams exprima à voix haute son rêve. Une idée folle : permettre à plusieurs jeunes sud-africains de participer en 2017 au rendez-vous girondin. Le doute qui nous a envahis tellement la tâche était immense, s’est peu à peu dissipé à mesure que l’investissement des soutiens d’Heini et de son association montrait sa capacité à vaincre l’impossible. Delphine Pelisse de l’ES Bruges-Blanquefort, coprésidente à l’énergie nucléaire, Robert Gaymu, Frédéric Nau, Philippe Moulia et d’autres encore, proches de l’UBB. C’est ainsi que le samedi 13 mai prochain à partir de 10 heures, le rêve insensé d’Heini Adams va devenir réalité. Dix-sept enfants de 12 ans à 14 ans issus des Townships de la banlieue de Capetown et trois accompagnateurs bénévoles de la Foundation sud-africaine Heini Adams, vont séjourner du 10 au 18 mai en Gironde. En vérité, l’ex demi de mêlée international a voulu voir beaucoup plus loin qu’un simple échange : « Mes amis de la Fondation ont sélectionné un enfant par collège sur des critères de capacités rugbystique et surtout scolaire. Ils sont de milieux très défavorisés et nous voulons qu’ils soient chacun à leur retour, dans chaque établissement, les messagers de leur expérience enrichissante et inoubliable. Pour que d’autres enfants puissent vivre cette espérance. » Ces jeunes qui n’étaient jamais sortis de leur province du Cap vont découvrir notre région et notre culture. Afin d’éviter un isolement qui pourrait être néfaste, le choix a été fait d’une structure d’hébergement collectif. Grâce à plusieurs partenariats, rien ne sera laissé au hasard pour que le séjour des jeunes invités soit une réussite. Mais le coût du voyage à hauteur de 20 000 € incite les organisateurs à lancer un appel aux dons (foundationa9@gmail.com).

 

Offrir un avenir meilleur

Le programme sera copieux, mais le rugby ne sera jamais loin. Et le tournoi du samedi 13 mai sur le terrain de Bruges, auquel participeront 550 enfants de moins de 6 à moins de 14 ans de 7 clubs du comité de Côte d’Argent, sera le point d’orgue du séjour. Initiative originale, afin que les jeunes girondins prennent conscience de ce que vivent leurs hôtes dans leur pays, Heini Adams a voulu que les premiers matchs soient joués pieds nus. L’année dernière, une forte présence de joueurs de l’UBB avait été particulièrement appréciée. Elle avait contribué au succès de la fête. Les amis d’Heini vont revenir, et certains pourraient participer au match de gala dont le coup d’envoi sera donné à 17 heures dans une ambiance de kermesse. Dans cette généreuse opération d’une ampleur rarement égalée dans notre pays, le mot solidarité prend tout son sens, et Delphine Pelisse s’y inscrit pleinement : « Cette démarche correspond aux valeurs de l’ES Bruges-Blanquefort qui défend la pratique du rugby pour tous. Le but est d’accompagner sur le long terme ces enfants en créant des systèmes de parrainages afin de pouvoir suivre leurs efforts, leur progression, avec la ferme volonté de leur offrir un avenir meilleur. » Le Rugby Day sera grand.

 

par Gérard Piffeteau

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