Commotion cérébrale : James Broadhurst, un arrêt et des questions

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    Commotion cérébrale : James Broadhurst, un arrêt et des questions
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Victime d'une grave commotion cérébrale, James Broadhurst, international All Black, est contraint d'arrêter sa carrière. Il n'est pas le premier joueur à arrêter sa carrière suite à un choc à la tête, alors que les règlements de World Rugby protègent de plus en plus l'intégrité physique des joueurs. 

Coup dur pour les Hurricanes. Malgré sa très belle saison en Super Rugby, la franchise de Wellington a appris vendredi la fin de la carrière de son deuxième ligne, James Broadhurst à seulement 29 ans. L'international All Black avait été victime d'une grave commotion cérébrale contre Wellington lors d'un match d'un ITM Cup, appelé aujourd'hui 10 Mitre Cup, avec Taranaki, l'une des meilleures provinces néo-zélandaises. C'était en août 2015. 18 mois plus tard, James Broadhurst n'avait toujours pas refoulé les terrains. Il avait quand même tenté de revenir au plus haut niveau malgré l'avis de ses médecins. Des conseils auxquels il a dû se plier aujourd'hui. « J'ai été éloigne des terrains 18 mois. Aujourd'hui, je ressens toujours les symptômes de ma commotion dans ma vie quotidienne. Malgré tous les efforts entrepris, il n'y a pas eu le résultat espéré. Je tiens à remercie tous les joueurs, et tous les coachs qui m'ont soutenu dans cette difficile épreuve », a déclaré Broadhurst sur le site des Hurricanes. 

Puissant deuxième ligne, le Néo-Zélandais aura disputé plus de 70 matchs de Super Rugby et d'ITM Cup. Avec les Canes, il avait atteint la finale du Super Rugby perdue 21 à 14 contre les Highlanders en 2015. Il avait été un acteur majeur de la réussite de son équipe et avait été nommé au titre de meilleur joueur néo-zélandais de l'année en championnat. « Sa blessure est arrivée au plus mauvais moment. James [Broadhurst] commençait à découvrir l'étendu de son potentiel. Je ne peux pas imaginer ce qu'il doit ressentir mais nous lui souhaitons plein de réussite pour quoiqu'il envisage de faire par la suite », a expliqué Chris Boyd le coach des Hurricanes. Récompensé pour sa très belle saison de Super Rugby, Broadhurst connaîtra son unique sélection avec les Black contre l'Afrique du Sud en juillet 2015. La Nouvelle-Zélande s'était alors imposée 27 à 20.

 

À Newport, la carrière d'Ashton Hewitt menacée

Cette nouvelle survient alors qu'en début de semaine le coach de Newport, Kingsley Jones avait admis que la carrière de son jeune ailier Ashton Hewitt était menacée pour les mêmes raisons que Broadhurst. Victime lui aussi d'une commotion cérébrale, Hewitt n'a plus joué depuis le 1er janvier 2017 en Pro 12. « Il a de légers maux de tête dès qu'il s'entraîne. Je ne pense pas qu'il souffre beaucoup mais avant de rejouer, il doit être libéré de tous ses symptômes », révélé Jones dans les médias anglais. Il n'est pas le premier joueur de Newport concerné par des problèmes à la tête. En mai 2015, Ashley Smith avait dû stopper sa carrière après une série de commotions. Plus récément au début de la saison, c'est Matthew Pewtner qui s'était retiré pour les mêmes raisons. Enfin, en janvier 2017, Ben Marshall (Connacht) avait lui aussi arrêter sa carrière à cause d'une blessure à la tête. 

Ces arrêts définitifs rappellent les dangers du rugby. Pourtant, World Rugby a considérablement renforcé ses règles pour la protection de l'intégrité physique des joueurs. Il suffit de voir le nombre de cartons adressé aux joueurs pour des plaquages jugés dangereux. De même, le jeu est constamment et immédiatement arrêté quand un joueur est suspecté de souffrir d'une commotion. Mais malgré le durcissement des règlements, le dispositif continue de connaître des failles. Le cas d'Alexis Palisson lors du match contre La Rochelle en mars dernier avait beaucoup fait jaser. Percuté de plein fouet par Botia, Palisson avait titubé avant de réussir le protocole commotion et revenir sur la pelouse. La FFR sous l'impulsion de Serge Simon avait lancé une enquête, tandis que le médecin du Stade toulousain, Thierry Izard avait été pointé du doigt. Cette situation devrait amener World Rugby à durcir encore un peu plus ses règlements sur l'intégrité physique des joueurs. Cela tombe bien, c'est à l'ordre du jour. 

par Pierre Loevenbruck

crédit photo : Hurricanes site officiel/effectif actuel

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