Clermont a de la réserve

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    Clermont a de la réserve
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Six jours après leur victoire de prestige face au Leinster, les Clermontois sont de nouveau sortis vainqueurs de leur déplacement à Gerland, malgré quinze changements opérés dans le XV de départ (23-20). Défaits pour les adieux de leurs grognards, les Lyonnais ne disputeront probablement pas les phases finales, malgré un superbe baroud d’honneur dans les cinq dernières minutes. 

LE MATCH

Ce sont deux équipes avec des enjeux très différents qui ont pénétré samedi après-midi sur la pelouse de Gerland. D’un côté des Lyonnais le cul entre deux chaises, toujours en course pour une qualification dans le Top 6 mais désireux d’offrir à leurs « anciens » Julien Bonnaire, Thibaut Privat ou Nicolas Durand des adieux devant leur public, quitte à bouleverser quelque peu la composition d’équipe. De l’autre, des Clermontois sans pression qui avaient procédé à quinze changements par rapport à la demi-finale de Champions Cup disputée six jours plus tôt dans le même stade, et simplement désireux d’entretenir leur bonne dynamique… Dominateurs d’entrée de match, avec en point d’orgue un bel essai de Deon Fourie, les Rhodaniens ont rapidement manqué de fraîcheur face à la jeunesse clermontoise venue pour envoyer du jeu aux quatre coins du terrain, à l’image des duettistes fidjiens Tuicuvu et Raka. Dans le sillage de ses flèches, mais également d'une deuxième ligne des grands jours et d’un Kolelishvili dévastateur (comme si certaines places restaient à gagner pour la finale de Coupe d’Europe…), les Auvergnats se sont ainsi appliqués à tenir le ballon, forçant les Lyonnais épuisés à commettre des fautes. Le résultat ? Deux cartons jaunes concédés dans les cinq dernières minutes de la première mi-temps, et un retard de 7 points à la pause (17-10). Un retard que ces derniers ne parvinrent jamais à combler en deuxième période, malgré une belle réaction d’orgueil en fin de match matérialisée par l’essai de Stéphane Clément (23-20). Un effort suffisant pour décrocher le point de bonus défensif, mais pas la victoire face à une ASM « B » qui a défendu sa ligne jusqu’au bout, réussissant à retourner Facundo Isa dans l’en-but, alors que l’Argentin s’apprêtait à aplatir l’essai de la victoire.

 

LE TOURNANT

On pourrait parler, bien sûr, du plaquage de Tuicuvu, qui réussit à empêcher Isa d’aplatir l’essai de la gagne dans les arrêts de jeu. Mais c’est à un autre Fidjien que revient probablement la palme, à savoir l’ailier Alivereti Raka, auteur d’un essai salvateur à la 14e minute de jeu. Un mouvement réussi par les Jaunards en première main et en infériorité numérique, pendant l’exclusion temporaire de Rémy Grosso, qui leur permit de recoller au score après une entame de match largement dominée par le Lou. Triple gageure... Ainsi, sur une mêlée située légèrement à droite du terrain, aux abords des 22 mètres de Clermont, Radosavljevic lançait sa cavalerie. À la vitesse de l’éclair, Patricio Fernandez redoublait avec Damian Penaud, et profitait de la venue à hauteur de Benson Stanley pour servir dans son dos Raka, venu de l’aile opposé. Lancé plein champ, le jeune fidjien déposait Hosea Gear sur sa seule accélération, avant de mystifier Delon Armitage d’une feinte de passe pour marquer en coin. 

 

L’ACTION

S’il ne l’a pas emporté, le Lou peut se targuer d’avoir réussi le mouvement collectif le plus abouti de la partie dès la 11e minute. Sur une touche aux 25 mètres, l’alignement rhodanien surprenait la défense clermontoise, Paulo choisissant de lober tous ses partenaires pour servir directement, au milieu du terrain, son centre Paea. Lancé comme un obus, ce dernier renversait l’ouvreur clermontois Fernandez et plaçait toute son équipe dans l’avancée. Un relais de Wulf plus loin, le flanker Deon Fourie décidait de ramasser le ballon et de repartir dans l’axe, seule faille de la défense clermontoise, trop insuffisamment exploitée par les hommes de Mignoni. Le Sud-Africain s’arrachait pour échapper au plaquage de son vis-à-vis Judicaël Cancoriet, puis accélérait pour terminer sa course dans l’en-but.

 

LE JOUEUR

Viktor Kolelishvili ne peut pas vraiment être catalogué comme homme du match, n’ayant disputé qu’une mi-temps. Mais homme du « demi-match » ? Certainement… Disparu des écrans radars depuis trois mois tout juste, et une sévère commotion cérébrale reçue à Chaban-Delmas face à l’UBB nécessitant une longue période de repos. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Géorgien n’a pas manqué son retour à la compétition. Plein d’une frustration décuplée par trois mois d’inactivité, le Géorgien s’est défoulé pendant 40 minutes sur la pelouse de Gerland. Colossal physiquement, le « Yeti » a fait avancer les siens en permanence, et surtout envoyé un signal très fort à Franck Azéma. Lequel sait bien que, face aux monstrueux Saracens de Billy Vunipola et consorts, la densité, la dureté à l’impact et la fraîcheur de Kolelishvili constituent des atouts difficiles à balayer d’un revers de main… D’ailleurs, s’il fallait trouver une raison à son non-retour des vestiaires de Gerland, inutile de la rechercher ailleurs que dans cette perspective.

 

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