Brive, gloire aux papys du ruck

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    Brive, gloire aux papys du ruck
Publié le , mis à jour

Samedi dernier, la sixième place mais aussi le strapontin honorifique de la septième place se sont envolés pour les Corréziens qui n’ont pas perdu leur sourire pour fêter les anciens comme il se doit.

Des adieux à l’image de ce club et de cette équipe atypique. Tout d’abord au centre du terrain, avec un petit mot de l’équipe dirigeante et un maillot à ranger dans la boîte à souvenir pour tous les partants. Puis place à ce joyeux bordel, moteur de ce groupe depuis des années. Dans les vestiaires mais pas vraiment dans l’intimité. Femmes, enfants, anciens partenaires, amis aux couleurs du CABCL mais aussi d’Albi étaient là. Pas de temps pour la douche, la majorité des joueurs lançaient cette dernière troisième mi-temps de la saison en caleçon et maillot, les shorts ayant été réquisitionnés par les supporters au coup de sifflet final.

Au milieu de la bodega improvisée, Guillaume Ribes, Arnaud Mela et Jean-Baptiste Péjoine étaient au centre de toutes les attentions. Le talonneur avait déjà enfilé la paire de chaussons offerte quelques minutes plus tôt. Pas de déclarations fracassantes mais des sourires, des selfies, des autographes et ce bonheur d’avoir remporté cette dernière bataille tous ensemble « au terme d’un vrai match » glissait néanmoins Jean-Baptiste Péjoine, « ce n’était pas gigot-haricots comme peuvent l’être certains matchs de fin de saison. Les Castrais nous ont proposé une véritable opposition. C’est la plus belle des sorties. » Après seulement dix minutes où les Brivistes avaient bien tenté, en vain, de surprendre les Tarnais sur les extérieurs, les « papys du ruck » ont sorti les casques à pointe et se sont offert un dernier bal, une dernière virée comme ils les ont tant aimés. Dans l’axe et au ras du sol, à jouer aux shérifs à grands coups dans les côtes des malheureux tombés du mauvais côté. Des hommes de main et un demi de mêlée en maître tacticien pour remettre tout le monde dans l’axe avec des groupés pénétrants, un secteur pourtant cher à Christophe Urios et sa bande. Et pourtant, Guillaume Ribes s’offrait un doublé en dix minutes, haranguant la foule comme une rock star de retour sur scène pour un dernier rappel, devant un public en transe. Et ce match aurait pu définitivement basculer dans la légende si Arnaud Mela, entrant dans l’en-but castrais avec un grand coup d’épaule rageur alors que le score était de parité, n’avait pas vu son essai refusé par l’arbitre vidéo (46e). Deux minutes plus tard, Ribes et Mela quittaient le terrain pour la dernière, Péjoine avait droit à sept minutes de rab.

 

Ledevedec : « Des joueurs pas faciles à remplacer »

Depuis le banc des remplaçants, ils ont pu espérer que ce dernier tour de piste ne l’était pas vraiment. La dernière place de barragiste étant toujours d’actualité au moment d’entamer les dix dernières minutes de jeu. C’était avant que le scénario de la soirée ne devienne défavorable aux Corréziens. Un dernier frisson sans déception pour le manager Nicolas Godignon, car le CABCL a rempli ses objectifs : « La septième place aurait pu être un cadeau empoisonné et n’aurait pas servi à grand-chose si le Stade français remporte la Challenge Cup. La sixième place nous intéressait beaucoup plus et elle n’était pas loin de nous appartenir. Nous avons espéré. Nous avons changé de stratégie en cours de match en fonction des autres résultats. En première mi-temps, nous cherchions des essais, puis à marquer des points en seconde. Mais c’était un bon samedi soir à Brive, sans aucune déception. Une sixième place se joue sur une saison : C’est le match qui nous échappe à la 82e minute au Stade français, une défaite à domicile contre Bordeaux, un bonus offensif perdu à Clermont… » Brive n’a rien perdu samedi soir, sauf trois hommes qui ont tous marqué l’histoire du club. Et l’aventure humaine est toujours plus importante que des colonnes de résultats en Corrèze si l’on en croit Julien Ledevedec. Le deuxième ligne international n’avait pas caché que partager cette dernière saison avec les néo-retraités du jour, avait été une des raisons de son retour : « Nous ne sommes pas si loin des phases finales, mais ça ne veut rien dire pour la saison prochaine. On perd des joueurs qui étaient très importants pour le vestiaire, pour la cohésion du groupe, mais aussi sur le plan du rugby. Ils étaient des joueurs cadres et ils ne vont pas être faciles à remplacer, loin de là. »

Nicolas Augot
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