Incident sur la ligne 7

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Battus en quarts de finale et septièmes du Paris Sevens, les Bleus ne sont pas parvenus à sauver, devant leur public, une saison noire. L’heure est grave…

Pour faire court, l’échec du Paris Sevens incarne la triste continuité de la saison médiocre que viennent de traverser les Bleus et, au printemps 2017, on est en droit de penser que l’équipe de France reste une nation mineure du jeu à VII. Passé l’amertume d’un dimanche sans gloire, les motifs de satisfaction ne sont pas légion du côté de Marcoussis et se résument, au mieux, au talent de Jean-Pascal Barraque, le créateur dont cette équipe avait besoin en l’absence de Terry Bouhraoua, toujours blessé. Le reste laisse les aficionados de la discipline quelque peu hagards, au lendemain de l’étape française : Virimi Vakatawa, si ce n’est via un off-load spectaculaire survenu contre le Kenya, n’a jamais eu l’impact qu’il aurait du avoir sur cette formation dont il est la tête de gondole ; Julien Candelon, la caution sympathie de l’équipe, n’aura pas la sortie qu’il mérite et quitte donc le circuit sur une claque ; Frédéric Pomarel, sept années passées au chevet des Bleus, sera quant à lui remplacé au crépuscule du prochain tournoi de Londres. Quelle que soit la perspective, le VII français suinte donc la fin de cycle. Dans les couloirs du stade Jean-Bouin, Manuel Dall’Igna confessait en préambule : « Nous souffrons d’une grande immaturité collective. L’Espagne ou l’Écosse, qui à l’inverse de nous manquent d’individualités, compensent par une force globale et fatiguent les défenses en enchaînant les temps de jeu. Il nous faut retrouver cette dimension collective avant d’aspirer à quoi que ce soit d’autre. »

 Le VII a du mal à séduire

Voici pour la partie technique. La suite est largement plus préoccupante et fait référence, en somme, à la structure même de ce sport en France : « Depuis cinq ans, nous tournons avec quatorze joueurs sous contrat, poursuit Dall’Igna. Les meilleures équipes du circuit comptent vingt, parfois trente spécialistes. Notre effectif est beaucoup trop restreint. Nous ne pouvons tenir toute une saison. » En France, le soufflet des Jeux Olympiques est retombé très rapidement. À ce jour, les mordus de la discipline se font rares et les joueurs enclins à franchir le Rubicon tout aussi peu nombreux. Dall’Igna poursuit, lucide : « Nous pensions qu’il y aurait un déclic après les Jeux Olympiques. Ce ne fut pas le cas. Les joueurs gagnent plus d’argent en Top 14 et face à cela, le VII a du mal à rivaliser. Nous sommes trop peu à nous battre pour un projet commun. Pourtant, le réservoir est là : il y a plein de joueurs en Fédérale 1 ou Pro D2 qui feraient le bonheur de cette équipe. À eux de franchir le pas. À nous de les convaincre. Vous savez, les qualités d’un quinziste ne sont pas les mêmes que celles d’un spécialiste du VII. Sonny Bill Williams fut d’ailleurs en dessous du niveau mondial lorsqu’il décida de changer de discipline… » À Marcoussis, on répète à l’envi que les élus fédéraux sont aujourd’hui décidés à offrir à l’équipe de France à VII les moyens de sa future réussite. Dernièrement, Bernard Laporte est même monté au front, affirmant en plein comité directeur qu’il ne supportait plus de voir l’équipe de France à VII dans le wagon des mendigots de la discipline. L’intention est louable. Le chemin qui reste à parcourir, lui, est immense…

Marc Duzan
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