Géli : «J’ai plus de relations avec les supporters, qu’avec certains joueurs »

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    Géli : «J’ai plus de relations avec les supporters, qu’avec certains joueurs »
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Le talonneur du MHR, Charles Géli revient sans concession sur ses années passées sous les ordres de Jake White. 

Il n’avait plus foulé les pelouses ni les bancs de Top 14 depuis le 5 mars et neuf minutes jouées face à Lyon. Pourtant ce week-end, Charles Géli à du remplacer le Sud Africain Du Plessis sorti sur KO dès le 24e minute. « Honnêtement, j’ai fait ce que j’ai pu, comme j’ai pu ! C’était très difficile d’être à la hauteur. Car tu es écarté et d’un seul coup on te dit : vas-y sois le meilleur. Il n’y a que dans les livres que ça se passe comme ça. » Une place sur le banc des remplaçants que le talonneur ne s’explique pas « J’ai posé la question aux coachs avant le match : pourquoi me faites-vous confiance d’un seul coup (Ruffenach lui était préféré jusque-là, N.D.L.R.) ? Et on m’a répondu : tu comprends, c’est un match couperet… Cela veut donc dire que je ne jouais pas pour des raisons politiques avant cela ! Si tu es honnête dans ton fonctionnement, tu vas jusqu’au bout de ta logique et tu me laisses de côté. »

À écouter l’ancien joueur de l’USAP, c’est un sentiment d’écoeurement qui domine après avoir vécu sous les ordres de Jake White. « Si tu es un peu intègre et que tu as connu des groupes différents, tu n’acceptes pas ce qui s’est passé. Après on m’a dit que je m’étais mis à l’écart du groupe. Mais ça ne parlait pas un mot de Français, les vidéos se faisaient en Anglais… » Des méthodes de management différentes, dérangeantes qui traduisent un problème de fond bien plus gros pour le joueur de Montpellier. « Les coachs nous répétaient de manière hautaine qu’en France on était mauvais, qu’on ne savait rien faire et qu’ils allaient tout nous expliquer ! Ces mentalités, je ne peux pas les accepter et c’est pour ça que je me suis mis en travers toute la saison. Mais s’ils sont si brillants que ça les Sud-Africains, prenons alors exemple sur eux jusqu’au bout. Combien d’étrangers jouent dans leur championnat ? Quasiment aucun car ils veulent une équipe nationale forte. Alors que nous, on fait jouer cinq Français sur quinze joueurs alignés d’entrée. »

Pour Géli, la gestion humaine est la grande abstente des années White. Des valeurs humaines propre au rugby et qui permettent à un groupe de se construire et de se sublimer dans les moments délicats « Il y a eu des choses bien plus graves qui frôlent la malhonnêteté, mais dont je ne peux pas parler. Après, prenons cette défaite face au Racing 92. Quand ça devient dur, c’est là que le côté humain du groupe doit ressortir. Ça, j’aurais pu vous le dire il y a six mois qu’il nous le manquait. Prenez l’exemple du Stade Français. C’est bizarre ce groupe de copains qui, en trois ans et malgré des difficultés sportives et extra-sportives supérieures aux nôtres, décroche un titre de champion de France et d’Europe. Ces mecs se sont resserrés et révoltés entre eux. Ça fait plaisir de voir ces valeurs affichées. »

 

Une saison compliquée

Pour Charles Géli le mandat du Sud Africain n’aura pas été de tout repos. Faire de sa passion un travail en oubliant le plaisir n’était pas vraiment la vision du rugby qu’il se faisait en signant dans l’Hérault. «  Ici, moi je viens bosser, pas plus ! 70 % du groupe ne parle pas ma langue et les mecs qui sont là depuis deux ans, esquissent à peine deux mots de français. J’aurais dû aller jouer à l’étranger, comme ça, j’aurais su pourquoi c’était à moi de m’adapter ! En anglais, tu peux parler de choses basiques mais tu ne partages rien. J’ai plus de relations avec les supporters, qu’avec certains joueurs croisés tous les jours. » Une frustrations qui se ressent sur le terrain. « C’est la première fois dans ma carrière qu’en l’espace de deux ans, j’ai autant régressé en rugby et progressé en Anglais. C’est dommage, car j ’avais l’ambition inverse. »

Pour autant tout n’aura pas été mauvais, si les relations avec Jake White étaient froides, pour ne pas dire quasi inexistantes, la rencontre avec Shaun Sowerby reste un bon souvenir. « Je m’entends bien avec Shaun (Sowerby, N.D.L.R.). Il ne peut pas tout gérer et j’ai vu de temps en temps qu’il n’était pas d’accord avec le cador (White, N.D.L.R.), mais qu’il ne pouvait rien dire. Mais les deux autres, je ne sais même pas quoi en penser car tu ne peux jamais réellement échanger. Ils te disent tout le temps ce qui les arrange. »

La saison se termine et avec elle le départ de Jake White. Mais pour le talonneur du MHR c’est une nouvelle ère qui débute à Montpellier, avec dans le viseur la reprise. « J’espère ou plutôt je sais, que nos entraîneurs seront plus intègres. Je connais bien Nathan (Hines, N.D.L.R.) car j’ai débuté à l’Usap avec lui et je suis en adéquation avec ses valeurs. Et tous mes copains qui ont joué pour Cotter à l’ASM, ne m’en disent que du positif. Je vais donc m’entraîner cet été pour arriver au top à la reprise. Car des vacances, j’en ai eu suffisamment cette année. »

 

par Julien Louis et Félix Comane 

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