La griffe des Lions

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Publié le , mis à jour

Plus précis et rodés que les Bleus avec un temps de préparation similaire, les Springboks doivent beaucoup à leur épine dorsale, entièrement originaire de la province de Johannesburg. Les Springboks ont su s’imposer face aux français lors du premier test-match (37-14) samedi dernier grâce à elle. 

Si la tournée qui occupe les regards du monde entier concerne bien des Lions, celle-ci ne se déroule pas forcément en Afrique du Sud. Mais bien en Nouvelle-Zélande, où la bande de Warren Gatland s’apprête à disputer les tests-matchs de la plus haute intensité jamais recensée face aux maîtres du monde néo-zélandais… Toutefois, vu de Pretoria, ce n’étaient pas ces Lions-là qui étaient au centre des préoccupations. Mais bien ceux de Johannesburg, devenus le socle de la sélection nationale, qui ont marqué de leur empreinte ce test-match de la renaissance, qui plus est sur la pelouse de l’ennemi héréditaire des Bulls. Ils étaient en effet sept, au coup d’envoi, à porter les couleurs de la province de Gauteng : le talonneur Malcolm Marx, le deuxième ligne Franco Mostert, le numéro 8 Warren Whiteley (devenu samedi le 58e capitaine de l’histoire des Boks), le demi de mêlée Ross Cronje, l’ouvreur Elton Jantjies, l’ailier Courtnall Skosan et l’arrière Andries Coetzee. Soit rien moins que la fameuse épine dorsale 2-8-9-10-15, agrémentée de deux éléments, autour de laquelle les nouveaux entraîneurs souhaitent bâtir l’identité de jeu de leur équipe.

Automatismes provinciaux

Hasard ? Sûrement pas. D’abord parce que les Lions sont la meilleure équipe sud-africaine du moment (finaliste du Super Rugby la saison dernière et leader de sa conférence cette année), mais surtout la seule à s’être lancée à corps perdu dans un rugby de mouvement dans les canons modernes. De fait, il n’y avait finalement que les Français pour être surpris des orientations de jeu de ces Springboks new-look, beaucoup moins frontaux et brutaux qu’annoncés…

La meilleure preuve ? Elle réside probablement dans cet essai en première main sur une combinaison en fond de touche, estampillé 100 % Lions : lancer de Marx, déviation de Whiteley, essai de Cronje. Facile, étant donné la supériorité numérique du moment, qui privait les Bleus de l’ailier côté fermé pour défendre le fond de touche ? Peut-être. Reste qu’il fallait encore avoir l’idée d’annoncer la bonne combinaison. Ce que les automatismes des Lions ont incontestablement permis à ce moment précis, comme ils ont offert à Jantjies et Coetzee (décisif sur les essais de Kriel et Serfontein) d’évoluer dans un fauteuil. Et l’on n’oubliera pas, pour la bonne bouche, que le carton jaune de Dulin fut provoqué par Skosan ! La morale ? Elle n’est pas banale d’un point de vue de naturaliste, et vaudrait presque une fable de La Fontaine. Car force est de constater que, pour la première fois peut-être, le salut du springbok est venu de son prédateur naturel…

Par Nicolas Zanardi

Nicolas Zanardi
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