Les chantiers du nouveau Paris

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Cette semaine, Hans-Peter Wild a posé les premières pierres du nouveau Stade français. Mais qu’en est-il du recrutement ?

Mercredi après-midi, au moment même où les conseillers de Hans-Peter Wild se sont aperçus que la marque du milliardaire allemand (Capri Sun) était la grande absente de la toute première conférence de presse du milliardaire allemand, un employé du Stade français a dû réagir en catastrophe, rejoindre le Carrefour Market de la Porte de Saint-Cloud, y acheter la boisson en question et la positionner à la place qu’était censée occuper le Docteur Wild. Messieurs dames, on a bel et bien frôlé l’incident diplomatique ! C’est donc en sirotant paisiblement le jus de fruit ayant fait sa fortune que le nouveau propriétaire du Stade français a reçu, de la part de Thomas Savare, les clés du club. Dans ce salon privé du stade Jean-Bouin, où s’étaient regroupés une cinquantaine de journalistes de tout horizon, le résident suisse s’est d’abord présenté à l’auditoire : francophile et francophone, Hans-Peter Wild a passé sa thèse de doctorat à Paris, il y a près de cinquante ans. C’est à cette époque qu’il a découvert la balle ovale, assistant « pour le fun » à des matchs disputés dans la capitale. « Mais je ne me souviens plus si c’était des matchs du Racing ou du Stade français !, ironisait-il dans un sourire. Toujours est-il que j’ai une vraie passion pour ce sport. Mon joueur préféré n’est autre que Naas Botha, l’ancien demi d’ouverture des Springboks. Je l’ai d’ailleurs fait venir quelques semaines dans ma ville natale de Heidelberg, où j’ai fondé une académie de rugby en 2007, afin qu’il nous prodigue quelques conseils… » Mis au parfum de la mise en vente du Stade français par le directeur de l’académie de Heidelberg Robert Mohr, le Docteur Wild (75 ans) est rapidement tombé d’accord avec Thomas Savare, le P.-D.G. d’Oberthür ayant très vite considéré que le projet allemand présentait davantage de garanties financières que celui porté par Christophe Dominici et les anciens joueurs du Stade français. Au fil des trois prochaines saisons, Hans-Peter Wild injectera donc 30 millions d’euros, une coquette somme qui devrait permettre au club de la Porte d’Auteuil d’envisager l’avenir sereinement. « À mon âge et avec ce que j’ai réussi, concluait-il sans lâcher son sachet de Capri Sun, j’ai aussi le droit de m’amuser un peu… » Au quotidien, Hans-Peter Wild sera représenté dans la capitale par le nouveau président du club, Hubert Patricot. Ancien haut gradé de Coca-Cola, ce quinquagénaire originaire de Caussade (Tarn-et-Garonne) est un passionné de rugby et devient donc le nouveau président du Stade français. Wild poursuit : « Nous n’avons, en revanche, pas encore décidé qui sera le prochain directeur général. D’ici là, Pierre Arnald (ancien bras droit de Thomas Savare) assurera la transition. » Comme annoncé, le Néo-Zélandais Greg Cooper restera le manager de l’équipe et devrait, selon toute vraisemblance, être épaulé par Olivier Azam et Julien Dupuy. Pascal Papé, lui, supervisera toutes les équipes du club de la capitale, dans un rôle de « super manager ». Robert Mohr, enfin, assurera le lien entre l’académie de Heidelberg et le club parisien.

 

Revert arrive, Pisi c’est non, Waisea dans le flou

En juillet prochain, les dirigeants allemands organiseront une nouvelle conférence de presse où sera présenté l’effectif du Stade français. De ce que l’on sait, Will Genia n’en fera pas partie et rejoindra les Reds après les Four-Nation. Quid de Waisea ? Nous vous révélions dans notre dernière édition que le Fidjien était prêt à tout pour rejoindre Toulon. Mais Mohr, avec qui traitent les émissaires du joueur, ne semble, pour l’instant, que très peu enclin à libérer le meilleur marqueur d’essais du championnat, à qui il reste deux ans de contrat. Au poste de demi de mêlée, le meneur de jeu de l’équipe de France à VII, Terry Bouhraoua, s’est engagé pour les trois prochaines années et l’ancien Grenoblois Charles McLeod a donné son accord aux dirigeants parisiens. Le Samoan Paul Williams pourrait prolonger d’un an et Willem Alberts, un temps pressenti pour retourner en Afrique du Sud, restera dans la capitale. Croisé dans les locaux de Jean-Bouin mercredi après-midi, l’international samoan passé par Clermont et Northampton, Georges Pisi, ne signera finalement rien en faveur du Stade français. En revanche, le deuxième ligne des espoirs de Toulon Florian Revert (2,03m et 106 kg) s’est engagé pour deux saisons. La semaine dernière, on a appris que les internationaux italiens Lorenzo Cittadini (pilier droit) et Simone Favaro (flanker, Glasgow) pourraient renforcer le recrutement. Le Toulonnais Jimmy Yobo (ailier ou centre), l’arrière de la province d’Otago Tony Ensor et le troisième ligne de Béziers Bakary Meïté (également passé par Massy) compléteront la liste. « Ce sera peut-être une saison de transition, conclut Patricot. On verra bien. Moi, je fais surtout partie de cette génération de Français qui ne sera pas satisfaite tant que la France n’aura pas été sacrée championne du monde. Plus on formera de bons joueurs français, plus on sera heureux. »

Marc Duzan
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