Revue d'élite : Fickou stagne, Penaud surprend

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Publié le , mis à jour

Derrière Lamerat, Botia, et Aguillon, le poste de trois quarts centre possède beaucoup de prétendants. Certains confirment, d'autres déçoivent, et quelques uns surprennent.

Les surprises

 Damian Penaud entrait dans les plans de FranckAzéma, depuis le début de la saison. De là à en faire un titulaire en phases finales ? Il y a un pas, voire deux, qu’il semblait difficile à franchir il y a dix mois. Sauf que, entre-temps, Wesley Fofana s’est blessé. « En janvier, j’ai eu une réunion avec Franck (Azéma, N.D.L.R.) et Jono (Gibbes). Ils m’ont dit qu’ils comptaient sur moi, qu’ils pensaient m’utiliser mais qu’il fallait que je le mérite. À ce moment-là, je me suis réveillé » nous confiait le joueur en juin. La place ouverte, au centre, Damian Penaud a intégré les feuilles de match pour les phases finales de Coupe d’Europe, puis le XV de départ pour celles du Top 14. Sensation de la fin de saison, il a aussi découvert l’équipe de France en juin, à 20 ans seulement. L’avenir lui appartient.

Les valeurs sûres

Les grands matchs appartiennent aux grands joueurs. Selon ce précepte, Ma’a Nonu n’a pas réalisé la plus grande saison de sa carrière mais, venu le temps des phases finales, le All Black (103 sélections) a retrouvé de sa splendeur. Dans cette logique, sa finale de Top 14 fut époustouflante. Gagnant tous ses duels, mettant systématiquement les défenseurs clermontois à l’amende, il est redevenu la légende de son sport qui avait quitté la scène internationale, en 2015, un deuxième sacre mondial dans les mains.

Plus bas mais présents dans ce classement, on trouve le duo francilien Henry Chavancy et Geoffrey Doumayrou. Le Racingman, qui a clairement surnagé de la chaotique saison de son club, a été récompensé par ses deux premières sélections en Bleu. Chavancy est un maître-défenseur, on le savait déjà. Il a ajouté à sa palette une qualité offensive nouvelle, comme on a pu l’apercevoir en Afrique du sud, lors du premier test. Avant qu’il ne se blesse. Pour Doumayrou, il répond au même constat : au milieu de la triste saison de son club, son apport a été remarqué, notamment en attaque. La Rochelle ne s’est pas trompé en l’enrôlant.

Enfin, la présence dans ce classement de Robert Ebersohn et Joe Tomane tient de la logique. Le premier a prouvé de longue date, en Top 14, sa valeur. Le second arrivait à Montpellier avec 17 sélections chez les Wallabies et une sérieuse réputation en Super Rugby. Ne pas le voir figurer dans notre revue d’élite aurait été surprenant.

Les absents

Pas grand-chose à renier à la première partie de saison de Wesley Fofana. Meilleur joueur français depuis plusieurs saisons, le seul qui avait semblé rivaliser au Mondial 2015, le Clermontois repartait sur des bases identiques : protégé en Top 14 par son club, il livrait une superbe campagne européenne, avec son apogée en Ulster, où il traversa le terrain à chacun de ses prises de balle. Et des test-matchs de novembre, en Bleu, où il releva tour à tour le défi australien puis celui des All Blacks. Mais mi-janvier, Fofana s’écroulait sur la pelouse de Marcel-Michelin, foudroyé par une rupture du tendon d’Achille. Fin du bal. Avec une demi-saison seulement à son actif, difficile de le faire figurer dans ce classement. Qu’importe sa qualité.

Pour Alexandre Dumoulin, le problème est plus complexe. Grand espoir de son poste dans les catégories de jeunes, élément régulièrement utilisé en équipe de France à l’époque de Philippe Saint-André, le Berjallien a difficilement digéré son transfert vers Montpellier. Surtout, il accumule les blessures, ce qui ne l’aide pas à trouver la bonne carburation dans un club soumis aux soubresauts. Sa prochaine saison, sous la main de fer de Vern Cotter, sera scrutée de près.

Autre absent de marque, Mathieu Bastareaud. Le Toulonnais a tous les défauts de ses qualités. Dans le rugby d’hiver, son impact physique unique au milieu du terrain fut essentiel pour maintenir le RCT la tête hors de l’eau. Dès que les beaux jours reviennent et que le rugby s’accélère, Bastareaud est plus en difficulté. Témoin, en finale du Top 14, lorsqu’il est régulièrement pris de vitesse par les contre-attaques clermontoises, comme par Penaud sur l’essai de Raka. Bastateaud sera à jamais un cas à part.

Les déceptions

On attend tellement de Gaël Fickou… À en oublier qu’il n’a que 23 ans. Mais le Toulousain a prouvé par le passé l’étendue de son talent. Alors, le voir sortir d’une saison globalement neutre est frustrant. À une croisée des chemins, où il ne fait plus autant de différences individuelles puisque surveillé, mais il n’est pas encore un pur régulateur, Fickou peine à franchir la dernière marche vers le très haut niveau. La déception vient de là. Mais le temps parle pour lui. Il serait aussi franchement aidé de retrouver, en club, des prestations collectives l’aidant à se montrer sous son meilleur jour.

Léo Faure
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