Gourdon: l'année de la révélation

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    Gourdon: l'année de la révélation
Publié le , mis à jour

Alors qu’il ne figurait même pas dans notre classement la saison dernière, le Rochelais Kévin Gourdon s’est directement installé au premier rang. La conclusion logique d’une saison des plus abouties.

C’est l’histoire d’une météorite. Celle d’un talentueux atypique dont l’explosion épouse, évidemment, celle de son club du Stade rochelais. À moins que ce ne soit un peu l’inverse… Toujours est-il qu’après des premières sélections convaincantes en Argentine l’été dernier, Kévin Gourdon a fait mieux que confirmer les espoirs placés en lui, notamment lors des tests de novembre face aux Wallabies et aux Blacks. « Pour l’anecdote, confiait récemment Gourdon, j’avais eu Patrice Collazo au téléphone avant le match, qui m’avait dit que j’allais faire mon meilleur match contre les All Blacks, parce que leur jeu me conviendrait plus que celui des Samoans et des Australiens. Comme quoi, il n’est pas entraîneur pour rien… » Un entraîneur capable, également, de renvoyer son joueur à l’herbage avec les espoirs la semaine suivante. Parce que Kévin Gourdon n’est, décidément, pas un joueur comme un autre… Ultra-talentueux, bien sûr, mais parfois du genre à se reposer sur ses lauriers, ce qui n’avait déjà pas eu l’heur de plaire à ses sélectionneurs chez les moins de 20 ans (qui l’avaient privé de Coupe du monde, jugeant son attitude lors des entraînements trop nonchalante), pas plus qu’à son club formateur de Clermont, qui n’avait pas hésité à le laisser partir. « C’était fondé, j’ai accepté ces reproches pour essayer d’avancer. Je ne regrette rien et je n’ai aucune animosité par rapport à Clermont. J’avais décidé de partir car je voulais jouer, quitte à ce que ce soit en Pro D2. Ça m’était égal, je voulais juste prendre du plaisir sur le terrain. Je n’en garde aucune rancœur. »

 De la construction à la finition

Or, du plaisir, Kévin Gourdon n’en a probablement jamais autant pris que cette saison. Bien calé derrière un pack destructeur en club, le flanker s’est entendu comme larron en foire avec Victor Vito pour faire valoir son aisance technique et son intelligence de jeu. Des qualités qui se sont évidemment transposées au jeu de l’équipe de France où, en novembre comme lors du Tournoi, Gourdon fut régulièrement un détonateur du jeu tricolore, l’un des rares avants bleus capables de faire la différence sur une course, sur un appui, comme sur l’essai de Slimani à Twickenham… Une intelligence de jeu qui évidemment détonne dans le rugby moderne, et n’a pas manqué de taper dans l’œil de glorieux anciens comme Olivier Magne, jugeant que son évolution devait dorénavant aller à la conclusion des actions. « C’est vrai que je suis plus dans la construction et le début des actions qu’à la finition. Il a tout fait raison. Il faut que je tende vers ça pour la suite de ma carrière. » Une suite qui, à désormais 27 ans, n’attend que le meilleur, que ce soit en club ou en équipe de France. Reste qu’après son exceptionnelle saison, Gourdon devra réaliser le plus difficile : confirmer son niveau d’une année sur l’autre, l’effet de surprise n’existant désormais plus. Le Voultain d’origine a d’ailleurs plus ou moins payé pour le comprendre, en demi-finale du Top 14 aussi bien que lors de la tournée de juin en Afrique du Sud. À lui d’en tirer les bonnes conclusions… 

 

Nicolas Zanardi
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