Le prometteur Yohan le Bourhis

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    Le prometteur Yohan le Bourhis
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Arrivé de Biarritz à l’intersaison  Yohan le Bourhis, 23 ans, a tout à prouver et tout à gagner avec sa venue dans le Tarn. Premier test ce vendredi 18h à Lacaune contre le promu Agen.

Ca sert à ça, les matchs amicaux : les grandes stars se mêlent aux petits jeunes dans d’immenses revues d’effectif destinées à construire les XV de départ de la première partie du championnat.Yohan Le Bourhis fait partie des petits jeunes.Arrivé sur la pointe des pieds de Biarritz à l’intersaison, l’ouvreur de 23 ans a tout à prouver au sein du collectif castrais pour sa première saison en Top 14. « J’ai énormément de progrès à faire. Le Top 14 est un championnat très rude, on a pu le voir lors des phases finales l’an dernier. C’était impressionnant. Christophe (Urios, N.D.L.R.) m’a bien dit que j’étais avant tout là pour progresser et qu’il ne fallait pas que je m’attende à jouer beaucoup de matchs. Je suis d’accord avec lui, j’ai beaucoup à apprendre et je ne dois pas griller les étapes. » Passé de 82 à 85 kg, le joueur, qui faisait partie de la liste développement de la FFR l’an passé, travaille comme un fou pour tenir le choc, au sens propre. Mais sa marge de progression n’est pas forcément là selon l’entraîneur qui lui a fait confiance à Biarritz, David Darricarrère : « Techniquement, Yohan a tout ce qu’il faut. Physiquement, il doit travailler encore mais c’est normal pour un jeune joueur à ce niveau. C’est surtout en terme de stratégie qu’il doit évoluer. Dans la tête aussi, il faudra qu’il prenne le jeu à son compte et qu’il devienne le patron. » Qu’il sache quand sortir du cadre et le fasse à bon escient, en somme. « Les seules fois où il l’a fait l’an passé, cela s’est révélé ou très bénéfique- comme sur cet essai de 80 mètres inscrit après un renvoi aux vingt-mètres joué vite à Agen -, ou très négatif — comme à Vannes où il s’est fait intercepter deux fois sur des relances dans un match que nous dominions pourtant de la tête et des épaules -, reprend l’ancien coach du CO. Il doit trouver un juste milieu mais je ne me fais pas de souci pour lui, il y parviendra en jouant en Top 14 et en étant entouré de joueurs d’expérience comme Kockott ou Urdapilleta. » Pour cela, l’ancien Rochelais, qui a porté les couleurs de l’ASR de cadets jusqu’en espoirs avant de rejoindre le BOPB en 2014-2015, va devoir s’affirmer auprès de ses coéquipiers. Sûrement la clé de sa réussite, ou non, dans l’élite du rugby français : « C’est un garçon un peu timide. Il a besoin de confiance, d’être guidé, alors il va devoir forcer sa nature pour devenir un leader et prendre plus d’initiatives », détaille Darriacarrère. « C’est dur, pour un joueur de 21 ans, de donner des ordres à des joueurs comme Baby ou Roumieu, mais David me répétait que je ne devais jamais avoir peur d’engueuler mes coéquipiers. Je vais aussi devoir le faire au CO. Ce n’est pas facile mais je me suis vite rendu compte que quand on a de l’autorité, quand on est écouté sur le terrain, il est beaucoup plus simple de jouer comme on le souhaite. »

 

Rugbyman et ostéopathe

Lancé dans le Pro D2 après les blessures de Waenga et Fortassin, le joueur avait su saisir sa chance et compté énormément de temps de jeu ces deux dernières saisons (cinquante-huit matchs, quarante-cinq titularisations).Avec plus ou moins de réussite, il l’assume et veut s’en servir pour grandir : « J’ai eu des moments très durs, je me suis parfois demandé ce que je faisais sur le terrain…Mais j’ai franchi un palier, comme j’espère le franchir en Top 14. » Il pourrait devoir le faire très vite : les blessures de Palis et Bérard pourraient amener Dumora à passer à l’arrière et Yohan Le Bourhis pourrait voir sa chance arriver plus vite que prévu. « Je ne m’y attends pas mais je m’y prépare. Je suis prêt. » En attendant, il redouble de travail.Ca ne lui fait pas peur : il mène, en parallèle de sa carrière, des études d’ostéopathie, qui seront terminées à l’issue de son mémoire cette année. « C’est un stakhanoviste, raconte David Darricarrère. Son modèle est Jonny Wilkinson et c’est tout à fait ça : il est moins instinctif que les autres mais il compense par le travail.J’ai toujours dit qu’il pourrait aussi jouer dans le championnat anglais. » Il ne tardera pas à découvrir le français. Premier avant-goût, ce vendredi contre Agen.

 

Agen : McIntyre est arrivé

Partis en stage mardi et pour quatre jours à Castelnaudary (11), les Agenais ont amené quelques 40 joueurs au lieu des 36 initialement prévus, compte tenu du bon comportement de certains jeunes. Ce vendredi à Lacaune, le staff continuera la revue d’effectif entamée la semaine dernière, à l’occasion de la nette victoire contre Soyaux-Angoulême (lire l’interview de Mauricio Reggiardo en page 4). Il faudra cependant patienter pour voir évoluer la dernière recrue du club, Jake McIntyre (23 ans, 1,77m, 86 kg) . Le demi d’ouverture australien, qui arrive des Queensland Reds, a débarqué mardi dans le Lot-et-Garonne mais n’a pas participé au stage compte tenu des impératifs liés à sa venue (tests médicaux etc). Le troisième ligne fidjien Akapusi Qera, arrivé vendredi à Agen, n’y a pas pris part lui non plus, le staff souhaitant lui laisser un peu de repos avant qu’il n’entame sa saison avec son nouveau club, lundi.

Emilie Dudon
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