Clermont : champions, et après ?

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    Clermont : champions, et après ?
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Sacrés, les Auvergnats ont fermé une parenthèse de sept années où les saisons étaient toujours belles, jamais glorieuses. Clermont a-t-il encore faim ? Tout porte à croire que oui. Mais il faudra bien négocier cette année post-titre souvent chaotique.

Clermont est champion. C’est vrai pour dix mois au moins, alors qu’il avait fallu attendre sept ans pour goûter à nouveau à ce bonheur. « Le vrai bonheur, il est sur l’instant, bien sûr. Mais on le savoure pleinement quand, tous les matins, on arrive dans nos bureaux, au stade, avec cette forme d’apaisement de se dire qu’on a bien bossé, et qu’on a enfin été récompensé à la juste hauteur », racontait à ce propos le président Éric de Cromières, début juillet en marge de l’assemblée générale de la LNR (Ligue nationale de rugby). Les plaisirs d’un Brennus durent et marquent un club à jamais, autant que les hommes qui le composent. Le problème, c’est qu’il n’est pas une fin en soi. Il faut savoir tourner la page de ce Nirvana, pour un peu qu’on veuille en connaître d’autres. C’est désormais la tâche qui attend les Auvergnats : conserver cette étincelle, cet appétit supplémentaire pour décrocher d’autres trophées, quand ils sont depuis longtemps déjà réguliers parmi les plus grands. Un coup d’œil dans le rétroviseur donne une idée de l’ampleur de la tâche. Sans aller bien loin. Depuis 2012 et le Stade toulousain, aucun club n’a su conserver son titre en Top 14. Beaucoup ont même connu des lendemains qui déchantent. De Toulon, champion 2014 et qui avait expérimenté, en suivant, des premiers mois de compétition chaotiques. De Castres (2013) au Racing92 (2016), champions en titre qui avaient ensuite éprouvé toutes les peines du monde pour arracher, l’année suivante, une sixième place qualificative. Sans parler du Stade français, sacré en 2015, et qui végète, depuis, dans la deuxième partie de tableau.

Nouvelles têtes, nouveau cycle

Clermont est donc prévenu : un Brennus, c’est beaucoup de bonheur mais aussi le défi délicat du rebond. Pour y parvenir, les Auvergnats ont pour eux une profondeur d’effectif unique en Europe, générant une concurrence à même de maintenir tout le monde sous pression. Quand bien même quelques titulaires habituels se verraient un peu trop confortables, ils ont systématiquement derrière eux un international, prêt à grappiller du temps de jeu. Et si la maladie se propage, Clermont peut encore s’appuyer sur sa formation, celle-là même qui a largement contribué à décrocher le titre de champion de France en juin dernier. Pour preuve : jetez un coup d’œil sur l’effectif déclaré à la Ligue par les Auvergnats cette saison. Vous n’y trouverez ni Damian Penaud, ni Judicaël Cancoriet, ni Alivereti Raka, tous titulaires lors de la dernière finale de Top 14 mais encore couvés par le statut de joueurs Espoirs, trop jeunes pour figurer dans un effectif professionnel. Un effectif jeune, donc, et dont l’appétit est forcément intact. Un groupe globalement renouvelé, aussi, jusque dans le staff et qui doit permettre aux Auvergnats de repartir sur une nouvelle histoire, évitant de traîner en longueur sur les festivités du dernier titre. « Je pense que c’est la fin de quelque chose parce que Jono Gibbes s’en va. Il influençait pas mal ce qu’on faisait », confiait à ce propos Benjamin Kayser, au soir de la finale. « Il y a aussi des mecs importants du groupe qui s’en vont comme Benson (Stanley, N.D.L.R.), Thomas (Domingo), le Belge (Vincent Debaty), Clément Ric, Rado (Ludovic Radosavljevic), Adrien PlantéIl y aura une vraie phase de transition la saison prochaine avec une évolution des jeunes. Ça ne veut pas dire qu’on sera moins bons, mais ce sera différent. Il y a eu la période de Vern (Cotter) qui s’est arrêtée sèchement. Il y a la période de Franck (Azéma) et Jono (Gibbes) qui s’arrête aujourd’hui. » Et celle d’un nouveau staff, de nouveaux joueurs et leaders qui s’ouvre désormais. Avec un objectif double, comme chaque année en Auvergne : briguer le Bouclier de Brennus, mais aussi le sacre européen. Ce titre que les Clermontois convoitent tant, autour duquel ils tournent depuis bientôt dix ans et qui leur a glissé des doigts, en finale à trois reprises ces cinq dernières années (2013, 2015, 2017). Une raison toute trouvée de ne pas être encore rassasié.

Léo Faure
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