Australie - Nouvelle-Zélande : Préparation miracle?

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    Australie - Nouvelle-Zélande : Préparation miracle?
Publié le , mis à jour

À défaut de participer aux phases finales de super rugby comme leurs futurs adversaires Néo-Zélandais, les Australiens ont misé sur une préparation d’une intensité inouïe pour tenter d’endiguer la marée noire. Suffisant ?

Les images étaient si improbables qu’au début, on a cru à un canular. Apparues il y a quelques semaines sur les réseaux sociaux, elles montraient les Wallabies faisant des courses de côtes avec d’énormes straps leur bâillonnant la bouche. Pendant un instant, on s’est demandé si ces sparadraps étaient la dernière trouvaille de Michael Cheika pour interdire à ses joueurs de parler à la presse, ou tout simplement un délire sadique du sulfureux sélectionneur. Mais en fait, non. « Je ne vais quand même pas torturer mes joueurs, non ? En les forçant à respirer par le nez, on veut développer leur capacité aérobie », avait répliqué Cheika. Ces courses de côtes en apnée partielle ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Ces trois dernières semaines, les Wallabies ont sué sang et eau dans les camps d’entraînement organisés à Newcastle et Cessnock, des villes situées à une centaine de kilomètres de Sydney. Pour deux raisons : déjà, parce que l’Australie sort d’une année particulièrement décevante, et que les Wallabies doivent passer en mode commando pour redorer leur blason. Mais aussi parce qu’à la différence des Néo-Zélandais, les Australiens manquaient cruellement de temps de jeu. Avec une seule franchise australienne qualifiée (Brumbies) contre quatre sur cinq côtés néo-zélandais, Michael Cheika et son staff ont décidé de combler ce vide par des stages d’une intensité rare : « À la fin du dernier camp d’entraînement, « Cheik’» nous a dit que nous avions appris à travailler dur. Nous avons fait d’immenses progrès, développés notre condition physique et retrouvé de la fraîcheur mentale », soufflait le capitaine et flanker Michael Hooper. « Ces dernières années, nous avons souvent connu ce problème de manque de temps de jeu », prolongeait son coéquipier et talonneur Stephen Moore : « C’est toujours le même débat entre le fait de garder de la fraîcheur ou de manquer de temps de jeu. Nous, on a confiance en ce que nous avons fait pendant ces trois semaines. On a bossé très dur, et on sait ce qu’il nous reste à faire. »

15 ans sans Bledisloe Cup

Les séances de torture imaginées par le boss des Wallabies auraient-elles transformée l’apathique colonie australienne vue en juin en une meute de chiens enragés ? On le saura bientôt. En tout cas, les Wallabies croient en leurs chances. Que l’on pose la question à Will Genia, Michael Hooper ou Stephen Moore, tous répondent à l’unisson : même s’ils reconnaissent la suprématie de Blacks à l’heure actuelle, tous estiment qu’ils peuvent les vaincre à Sydney. Le deuxième ligne Adam Coleman va encore plus loin : « Les mecs y croient plus que jamais. Ces dernières semaines, l’équipe a grandi. Pas uniquement physiquement, mais aussi mentalement, humainement, dans la souffrance. Tout cela va payer. » La question que tout le monde se pose, c’est de savoir si cela suffisant pour battre l’éternel rival kiwi. Voilà quinze longues années que l’Australie n’a pas remporté la Bledisloe Cup, la compétition traditionnelle opposant les deux nations. « La Bledisloe Cup, c’est aussi important qu’une Coupe du Monde chez nous », nous confiait il y a quelques mois le néo-zélandais Robbie Deans, qui traversa la mer de Tasman pour prendre les commandes des Wallabies. Reste que les Australiens ont bien réfléchi à leur plan de bataille. Si l’on en croit le demi de mêlée Will Genia (lire ci-contre), ils ont visionné et revisionné les prestations des Lions britanniques et irlandais qui ont su mettre les Blacks sous pression. « Ils ont des façons de jouer, des choses qu’ils font souvent » lançait, un brin énigmatique Michael Hooper. « Chaque équipe possède des faiblesses. Les Blacks vous laissent volontiers la possession du ballon. À nous d’en profiter. » Gare toutefois à ne pas s’exposer aux contres assassins de l’armée noire…

Simon Valzer
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