Safi N'Diaye : « Une préparation à haute intensité »

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    Safi N'Diaye : « Une préparation à haute intensité »
Publié le , mis à jour

La numéro 8 des Bleues incarne la confiance des Françaises dans un jeu peaufiné à coups de séances d'entraînements exigeantes.

Contre l’Angleterre, le bilan n’est pas si mauvais pour les Bleues depuis cinq ou six ans…

Oui, nous les avons souvent battues, même si dans le dernier tournoi ce sont elles qui avaient gagné 26-13.

On a coutume de dire que les Anglaises sont plus puissantes que les Françaises. Est-ce un cliché ?

Non, ce n’est pas un cliché. Elles pratiquent le jeu anglais qu’on connaît, un jeu puissant c’est vrai, très propre dans les phases de conquête et très rapide derrière. Mais nous aussi nous avons de la puissance et de la vitesse…

Quelles sont les individualités à connaître et à surveiller dans cette équipe ?

Elles ont une ouvreuse Katie McLean qui distribue vraiment bien le jeu, au pied et à la main. Sa vision du jeu est vraiment excellente. Au centre Emily Scarrat, la capitaine de la sélection à sept peut tout faire. Elle est rapide, elle sait faire des off-loads, elle a même une très bonne technique au pied. La troisième ligne Sarah Hunter, ma vis-à-vis est très expérimentée, je crains aussi leur troisième ligne gratteuse Marlie Packer. Elles ont aussi une grosse mêlée avec Rochelle Clark, cette « pilier » qui a une expérience folle. C’est sûr qu’il ne faudra pas se mettre à la faute contre elles avec leur capacité à mettre des points au pied. Mais il me semble que notre mêlée a été plutôt bonne depuis le début de la compétition.

Justement, on a l’impression que le jeu au pied n’est pas le point fort de cette équipe de France…

Oui, nous nous sommes plus préparées à la vitesse et à l’évitement. Et personnellement, j’aime bien remonter les ballons à la main même quand nous nous retrouvons dans notre camp, le jeu au pied n’est pas dans notre ADN c’est exact. Mais je pense que si nous nous trouvons en difficulté, nous avons des filles qui sauront user de cette arme.

Quel est votre meilleur souvenir contre l’Angleterre ?

Notre victoire à Twickenham en 2013, c’était la première fois que l’équipe de France féminine s’imposait là-bas. (20-30, elle avait marqué un essai sur les cinq des Françaises, N.D.L.R.).

Ce fameux rythme qui vous permet de surclasser vos adversaires, est-ce ce que vous êtes allées chercher à Font-Romeu ?

Il n’y a pas eu que Font-Romeu. Il y a eu aussi Clermont, Saint-Brieuc, Bugeat en Corrèze. Tous nos stages se sont déroulés à haute intensité avec ballon par des jeux divers en opposition mais pas toujours à quinze contre quinze. Il y avait pas mal de séances à sept contre sept. C’est pour ça d’ailleurs que nous réussissons pas mal de passes après contact car elles sont les fruits de ces fameux jeux proposés par le staff. Il faut comprendre que nous faisions des entraînements vraiment très difficiles et très éprouvants pour que la Coupe du Monde semble presque plus facile en comparaison. Je mets des guillemets bien sûr.

Franchement, vous vous attendiez à une telle excellence pour vos trois premiers matchs ?

On se pose toujours la question avant. Mais nous avons pris confiance au fil des matchs. Tout vient du discours des entraîneurs qui ne nous mettent aucune barrière. Quand un offload est raté, ils ne nous en tiennent pas rigueur. Ils nous encouragent à recommencer en disant : « Ce n’est pas grave, c’est ça qu’on voulait faire, c’est l’intention qui compte et c’est notre projet de jeu qui veut ça. » Nous avons vu quelques autres matchs et j’ai l’impression que le rugby féminin évolue vers toujours plus de vitesse et de mobilité avec des essais qui comportent de plus en plus de passes.

Jérôme Prévot
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