Grenoble à l’étouffée

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    Grenoble à l’étouffée
Publié le , mis à jour

C’est à la grâce d’un fantastique exploit solitaire de leur jeune arrière Gervais Cordin et d’une solidarité de tous les instants que les Grenoblois ont réussi à conserver leur fauteuil de leader (26-21) face à des Montois batailleurs en diable.

LE MATCH

Entre des Grenoblois encore tout tremblotant de leur éprouvante fin de match face à Massy et des Montois qui n’avaient rien à perdre lors de ce déplacement, l’engagement promettait d’être total. Et on ne fut pas déçu… Le problème ? C’est que cela se fit longtemps au détriment de la qualité du jeu, réduit à la portion congrue par un nombre de maladresses considérables et l’arbitrage parfois incompréhensible de M. Ramos, dont plusieurs jugements laissèrent les deux camps pantois. Voilà comment, après deux essais de pénalité et une pluie de cartons, les Grenoblois ne devaient qu’à un fantastique exploit solitaire de leur arrière Gervais Cordin de compter cinq points d’avance, au terme d’une rencontre qu’ils avaient globalement dominée. Et à une solidarité défensive de tous les instants de conserver leur avance au score à quatorze contre quinze face à de valeureux Montois, qui auraient même pu aller chercher mieux qu’un bonus défensif si Matthew James ne s’était pas montré trop gourmand en cherchant une pénaltouche à la 79e...

LE TOURNANT

Il est des choix de capitaine qui peuvent peser lourd dans une partie. Celui du Grenoblois Stephen Setephano à la 31e en fut un, qui paraissait pourtant de prime abord tout sauf évident. En effet, alors que le Montois Wakaya venait d’être temporairement exclu pour un plaquage à retardement sur son vis-à-vis Guillemin après un coup de pied à suivre, Setephano ne décida pas d’opter pour les trois points, comme la facilité et le score semblaient l’exiger. Mais bien une mêlée à cinq mètres, histoire de pousser les Landais dans leurs derniers retranchements, bien qu’à huit contre huit au niveau des avants. Bien lui en prit puisque après plusieurs minutes de pilonnage et trois pénalités consécutives, c’est un essai de pénalité qui vint récompenser les efforts des Alpins, et leur offrir un premier break de sept points, qui leur suffit toute la partie. Une véritable bouffée d’oxygène dans un match où les Montois leur menaient la vie dure.

L’ACTION

On pourrait, bien sûr, évoquer le sublime essai en solitaire de Gervais Cordin (lire ci-dessous). Mais d’un point de vue collectif, le plus beau mouvement de la partie est à mettre à l’actif des Montois, pour un essai inscrit en bout de ligne par Dorian Laborde. Bénéficiant d’une touche à l’entrée des 22 mètres alpins, les Landais enclenchaient dans un premier temps un ballon porté, bien défendu par les avants grenoblois. Le ballon était alors amené sur les extérieurs où, après plusieurs leurres, Laousse-Azpiazu parvenait à décaler Laborde, profitant sur le coup de la naïveté de la jeune classe grenobloise en bout de ligne...

L’HOMME

Longtemps, Burton Francis sembla tenir la corde pour le titre d’homme du match, au vu de son 100 % dans ses tirs au but et de son drop bien senti des quarante mètres à la 26e, empêchant son équipe de sombrer dans le doute. Las, le traitement de choix réservé par les Montois eut finalement raison de lui, puisqu’un énième plaquage à retardement le laissa sur le carreau. Et puis, il y eut Gervais Cordin... Un exploit monumental réalisé à la 65e, en solitaire, qui le vit traverser toute la défense montoise à lui seul, sur trois appuis courts et soixante mètres de cavalcade, qui firent se lever le stade des Alpes ! La juste récompense d’une prestation où l’arrière isérois se comporta comme le véritable facteur X du FCG, celui qui fit parcourir des frissons à chacune de ses interventions. De quoi raviver le souvenir encore vivace d’un certain Gio Aplon, qui n’aurait certainement pas renié l’action de son cadet d’à peine 18 ans...

Nicolas Zanardi
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