La déferlante rochelaise

Attendus, les Maritimes ont réalisé l'entame parfaite et une première période sans fausse note. En produisant du jeu, ils ont surtout empêché le champion de France de s'exprimer.

« Il s’est passé plein de choses. » Ainsi s’est avancé l’ailier Gabriel Lacroix, samedi après-midi, pour raconter le match de son équipe et sa prestation ponctuée de trois essais, dont deux de toute beauté. Une semaine après la défaite à Paris et une pâle copie en première période, le staff maritime attendait une réaction. Elle n’a pas tardé. Les Rochelais ont rapidement fait boire la tasse aux champions de France. Le navire de l’ASM Clermont Auvergne allumait ses signaux de détresse à la mi-temps (43-6). Six essais dans la musette, ça fait mal au casque. Alors, comment est possible un tel scénario ? C’était un peu la question du jour. « On a été piqué au vif de notre non-match à Paris, répond Gabriel Lacroix. On est rentré sur le terrain avec beaucoup d’envie et il y avait le fait de jouer le premier match à domicile devant notre public. On sait qu’on était attendus par rapport à notre saison dernière. Il y a un nouveau stade, plus de gens. C’était une belle fête. Il ne fallait pas la gâcher mais faire en sorte qu’elle soit encore plus belle. »

Voilà pour l’explication, la valeur d’un tel succès, elle, fut rapidement pondérée. « Je ne crois pas que d’avoir gagné Clermont va changer beaucoup de choses sur ce que pensent les autres équipes de nous », poursuit Lacroix. À la sidération de certains au stade ou présents devant un écran, le Gersois réplique avec du bon sens : « Je ne pense pas que ce soit trop gros car on l’a fait. On a mis les ingrédients qu’il fallait. On a su provoquer la chance, il n’y a pas de secret. On a su mettre les choses dans l’ordre. » Avec des joueurs en ordre de marche, ça rend les choses aussi plus évidentes. Uini Atonio, Hikairo Forbes, Jone Qovu, Victor Vito ou Levani Botia - pour ne citer qu’eux - ont été à de nombreuses reprises dans l’avancée avec une constance dans leurs passes après contact. Le train maritime est rodé et progresse beaucoup de cette façon avec en bout de ligne des joueurs prêts à se défaire de leur vis-à-vis. « Sur le premier essai, « Leps » (Levani Botia) et Paul (Jordaan) se font des offload entre eux, je n’ai plus qu’à courir, détaille Lacroix. Sur le second, pareil, c’est « Bébé » (Jone Qovu) qui fait un offload pour Alex (Alexi Balès) qui en fait un pour moi, et je n’ai plus qu’à courir. J’ai la chance de jouer avec de grands joueurs, c’est plus facile pour les ailiers. »

JOUER À FOND

Les Maritimes débutent donc la saison en étant fidèles à leurs principes d’envoyer du jeu. Contre Clermont, c’était bien sûr de mise. Patrice Collazo se méfiant comme le lait sur le feu « des fulgurances » auvergnates sur les turnovers. La meilleure défense, c’est donc et toujours l’attaque dans les rangs de La Rochelle. « On a qu’un mode, c’est jouer à fond et croire en ce qu’on fait, souligne le manager maritime. Quand on y croit, ça marche, ça donne des matches comme Clermont. Si on les fait en demi-teinte, ça donne des matches comme contre le Stade français. »

Garder les pieds sur les terres, c’est aussi quelque chose d’ancré chez les Rochelais. On peut leur faire confiance. « Quand il y a des pics, il ne peut qu’y avoir des chutes de température », prévient Patrice Collazo. Après le grand écart des deux matchs, Paris et Clermont, La Rochelle va s’attacher à trouver de la constance. Agen, ce samedi, peut être cet examen de passage comme la réception d’Oyonnax dans quinze jours qui précédera un déplacement à Toulon et la venue du Racing. Deux promus et deux formations solides pour se maintenir à niveau, et continuer d’envoyer du jeu. Sans oublier que le Top 14 ne fait que commencer, rappelaient à juste titre les Rochelais.

 

Par Arnaurd Bébien