Le LOU fait le show

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    Le LOU fait le show
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Auteurs de six magnifiques essais, les Lyonnais ont fait plier des Bordelais en cruel manque de réalisme et pas vernis par les blessures, qui ont logiquement explosé en fin de match (49-14).

Le résumé du match

Dans un championnat où l’emporter à l’extérieur demeure une gageure, encore faut-il marquer sur toutes ses occasions pour y parvenir. L’UBB pourra le méditer qui, pour s’être montrée bien trop stérile sur ses entames, a permis aux Lyonnais de réaliser un trop facile cavalier seul. On pense bien sûr à cette longue séquence de la 6e minute, où Chalmers puis Naqalevu furent à deux doigts de scorer (ce dernier prenant même la protection du poteau plein fer !) avant que Schoeman n’ait le mauvais goût de manquer une pénalité facile en suivant… Ou à cet en-avant sur cette dernière passe entre Ducuing et Lesgourgues au retour des vestiaires, qui empêcha les Girondins d’espérer... Un manque de réalisme criant qui se heurta au froid pragmatisme d’un Lou margement dominateur en mêlée et appliqué à méticuleusement transformer en points ses moindre incursions, de la merveille d’essai en première main arqué par Arnold (18e) jusqu’à l’essai du bonus inscrit par Lionel Beauxis sur une judicieuse inversion dans le côté fermé (50e). Bonus un temps contesté, d’ailleurs, l’espace d’une réplique bordelaise signée Luke Jones (57e). Mais récupéré dix minutes plus tard, au bout d’une magnifique attaque conclue par Palisson, avant que Regard puis Puricelli n’aggravent encore la marque dans les cinq dernières minutes, au point de flirter avec les 50 points. L’épilogue d’une soirée décidément pourrie pour les Girondins, obligés de terminer à 14 après la blessure au genou de leur centre Julien Rey.

Le tournant du match

Alors que les Bordelais pensaient avoir fait le plus dur en échappant d’une série de mêlée à cinq mètres, ces derniers avaient la mauvaise idée de perdre le ballon sur la séquence qui suivait, bien arraché par Lambey, Couilloud croisait alors intelligemment avec Gill au milieu du terrain, dont la longue passe imprécise pour Palisson ne permettait pas à l’ailier international de marquer. Qu’à cela ne tienne : après un beau balayage du terrain (mention spéciale à la belle fixation de Fearns et à la claquette de Théo Belan), le ballon était transmis jusqu’à Regard, qui accélérait et parvenait aux abords de l’en-but. Du gâteau pour Carl Fearns, dont la course rentrante sur le temps de jeu suivant lui permettait de franchir la ligne (28e). Ainsi que d’offrir au LOU son premier break au score (15-3) conjugué à la sortie sur commotion de Serin, touché en rattrapant Alexis Palisson...

L’essai du match

Le LOU avait déjà frappé fort en inscrivant un superbe essai en première main à la 18e minute de jeu, par Toby Arnold sur un service de Palisson. Mais les Lyonnais ont remis le couvert à la 67e. Et de quelle manière ! Partant d’une mêlée sur leurs propres 22 mètres, le mouvement démarra sur une « 8-9-15 » classique, qui vit Buttin crocheter à l’intérieur et passer les bras pour Gill. Au soutien, le flanker casqué repiquait vers le centre du terrain, mais conservait sa lucidité pour servir Arnold, venu de son aile. Le petit ailier néo-zélandais allongeait alors une merveille de passe vissée de vingt mètres pour trouver, de l’autre côté du terrain, le centre Thibaut Regard. Ce dernier fixait parfaitement le dernier défenseur pour offrir à Alexis Palisson une merveille d’essai de 80 mètres...

L’homme du match

Au contraire d’un Lionel Beauxis auteur de 24 points, il n’a certes pas marqué. Mais honnêtement, on n’a vu que lui... On parle évidemment du troisième ligne australien Liam Gill, arrivé de Toulon à l’intersaison. Toujours aussi présent sur son fonds de commerce de la défense et du combat, ce dernier a ajouté à son habituelle panoplie des qualités qu’on lui connaissait moins de coureur de grand champ. Certes, sa première chevauchée ne lui permit pas d’offrir un essai à Palisson, la faute à une passe légèrement imprécise. Toutefois, l’Australien avait réussi à faire jouer derrière lui, ce qui amena l’essai de Fearns. Mieux, au soutien de Buttin à la 67e, c’est son relais pour Arnold qui fut décisif sur l’essai du bonus signé Palisson, le Wallaby apportant le liant nécessaire aux trois-quarts lyonnais pour inscrire un essai majuscule. Du très haut niveau.

Par Nicolas Zanardi

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