la semaine de tous les dangers

Ce pouvait être une semaine fantastique, la plus belle des publicités pour le rugby français avec un programme sportif 4 étoiles qui verrait les Bleus affronter la Nouvelle-Zélande (deux fois en trois jours) et l’Afrique du Sud en suivant. Le tout avec, au milieu, la désignation de la Coupe du monde 2023 qui sembla un temps promise à la puissance économique de notre rugby.

Depuis samedi soir et le premier passage d’une tornade « Black », le rugby français a basculé dans une nouvelle dimension. Aux portes de l’enfer. Parce qu’il peut tout perdre en cas de triple défaite sur le pré associé à un revers dans les urnes. Le retour sur terre serait alors d’une violence extrême pour le rugby français et davantage encore pour la fédération qui ne serait plus en position dominante, installée sur son piédestal. Nous n’en sommes pas encore là, évidemment. La réalité est pourtant d’une froide évidence. Malgré les efforts consentis, malgré une préparation des plus minutieuses, l’équipe de France n’a pas évité le naufrage. Son déclin est enclenché depuis une quinzaine d’années et ses résultats sont de pire en pire même s’il faut remonter à juin 1999 pour trouver un écart de points aussi important sur une première mi-temps (30 en 1999 ; 26 cette fois). « Que mes joueurs aient réagi en deuxième mi-temps en partant de si loin et en étant si mauvais, c’est le smic. Clairement, je ne me satisfais pas de cette réaction », a tonné Guy Novès dès samedi soir.

Pour autant, sur le chemin de la remise en questions et de la grande lessive qui ne manquera pas d’arriver en cas d’insuccès enchaînés, une vérité s’impose : la vitrine du rugby français ne brille plus. Son Top 14, autoproclamé meilleur championnat du monde (soyons honnêtes, qui, à part l’Angleterre, lui fait de l’ombre ?), est bien le plus costaud, le plus internationalisé et le plus friqué. Si menaçant pour l’ensemble d’une économie rugbystique mondiale moins reluisante, qu’il en devient une cible privilégiée. On ne prête jamais qu’aux faibles… Le pire est-il à venir dès cette semaine ? Possible si l’on en juge la promesse de fessée qui attend les Bleus à Lyon face aux potes de Tawera Kerr-Barlow, futur Rochelais, et de Dominic Bird, probable futur Racingman. Si Novès jura qu’il n’est « pas rassuré », la deuxième mi-temps tricolore livrée sous l’averse laisse tout de même entrevoir quelques éléments favorables. Avec d’abord l’orgueil qui va animer les humiliés du premier soir. Avec, ensuite, l’enthousiasme des Antoine Dupont, voire, à un degré nettement moindre, de Judicaël Cancoriet. Sans oublier les promesses d’une bleusaille décomplexée par l’esprit Barbarians (Rebbadj, Taofifenua, Couilloud et autre Jalibert) qui pourrait postuler pour l’Afrique du Sud ou le Japon. L’avenir est engagé. Reste à voir s’il ne sera pas remis en cause par la grâce de cette semaine de tous les dangers. Laporte, Novès et les Bleus ont tant à perdre…