Laporte joue gros

Mercredi à midi, la France aura sa Coupe du monde. Ou pas. La victoire sera celle de tout le rugby français mais la défaite, elle, appartiendra au seul Bernard Laporte.

Logique : les revers sont toujours trop cruels pour être partagés. Injuste : si le président de la FFR est poursuivi par les affaires depuis son arrivée au pouvoir, il a eu le mérite de raviver un projet délaissé par l’ancienne gouvernance. Bref, il joue gros sur le terrain politique, et pas seulement dans l’attente des conclusions de la commission d’enquête ministérielle. Sur ce front, Laporte semble confiant et n’est pas décidé à démissionner. Pour autant, s’il venait à être mis en cause, sa position deviendrait délicate. Il serait également fragilisé par une défaite dans la course à l’organisation du Mondial 2023, à plus d’un titre. D’abord sur l’échiquier international où la France est en quête de reconnaissance ; sa puissance financière fait peur à certains, et le rapprochement Laporte-Altrad a suscité de nombreuses interrogations chez les clubs anglais comme au sein des instances européennes.

Ensuite, au niveau français. S’il venait à perdre la Coupe du monde, Laporte perdrait également une partie des soutiens qui l’accompagnent et serait moins à l’aise pour mener le train de ses réformes. « En cas de défaite, il n’aura plus de tapis rouge déroulé devant lui et sur lequel il continuera logiquement d’avancer en cas de victoire », nous glissa cette semaine un dirigeant de club du Top 14. « Ce serait même du pain béni pour Goze », pointa un autre observateur. Laporte ne porterait alors plus l’habit du bienfaiteur et tout, de la Convention LNR/FFR (les négociations doivent aboutir avant juin 2018) au Médical en passant par les élections dans les 13 ligues régionales, deviendrait un terrain d’affrontement avec une FFR privée d’une bonne partie de sa manne financière providentielle. Ajoutez à cela trois défaites enchaînées en huit jours pour le XV de France et vous comprendrez combien le terrain politique est miné…