Souvenez-vous, 2007 !

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    Souvenez-vous, 2007 !
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Si la coupe du monde 2023 portera les espoirs de titre du rugby français, l’édition 2007 qui s’était déjà déroulée en france avait été un échec. Le pays organisateur est souvent placé sous pression…

Ne rêvons pas, une Coupe du monde organisée « at home » n’est pas gage de réussite. Seuls les Néo-Zélandais et les Sud-Africains sont parvenus à être sacrés en organisant leur Mondial. En 1987 et en 2011 pour les Blacks, en 1995 pour les Boks. L’Angleterre, l’Australie et la France ont ainsi échoué dans leur course au titre devant leur public. Il s’agit d’un concours de circonstances, de chance et d’ambiance en plus du talent qui fait la différence.

En 2007, la France a tout juste bénéficié d’un vent favorable contre la Nouvelle-Zélande, avec ce brin de fortune qui a rendu possible l’inimaginable. Le reste - avant et après - a fait défaut même si l’équipe de France n’avait pas grand-chose à envier à ses concurrents en termes de talents individuels. Il a enfin manqué le supplément d’âme pour une équipe qui découvrit la pression populaire inhérente à ce genre d’événements en débutant face à l’Argentine. cloîtrés au CNR de Marcoussis, les partenaires de Dominici, Harinordoquy, Ibanez Jauzion ou Pelous ont semblé totalement inhibés par l’événement dès le match d’ouverture perdu face à l’Argentine (12-17). Rémy Martin et Pierre Mignoni ont été transparents, minés par la roublardise des hommes de Pichot et rongés par une préparation d’avant-match qui a dépassé largement le cadre du sportif alors que Bernard Laporte portait la double casquette de sélectionneur et futur secrétaire d’Etat aux Sports, au point d’instiller une certaine confusion dans l’esprit de ses hommes.

Quelques heures avant la rencontre, Clément Poitrenaud a lu la lettre de Guy Mocquet devant ses partenaires. Les larmes des Bleus ont ensuite tourné en boucle sur les écrans de télé, partageant alors l’image d’une équipe fragilisée. La suite de la compétition n’a pas démenti la première impression et, en dehors de l’exploit réalisé face aux All Blacks, le XV de France a été fidèle à lui-même : irrégulier et sans envergure.

Battue en demi-finale par l’Angleterre (14-9) lors des retrouvailles avec le Stade de France après une entame catastrophique de Damien Traille repositionné à l’arrière, l’équipe du trio Laporte-Brunel-Viviès s’est écroulée lors du match pour la troisième place, perdu contre l’Argentine (10-34). Une humiliation magistrale digne de celle vécue par l’Angleterre huit ans plus tard à domicile, qui s’est inclinée devant le pays de Galles et l’Australie pour finir par être éliminée dès les matchs de poule… Le bonheur n’est pas toujours à la maison, et France 2023, futur objet de tous les fantasmes, n’échappera pas à la règle.

Emmanuel Massicard
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