Novès-Laporte : Les dessous d’un divorce

Après deux années à la tête des Bleus, Guy Novès devrait bientôt être écarté de ses fonctions, tout comme ses ajoints Yannick Bru et Jeff Dubois.

L’histoire a débuté avec une boutade en forme de menace. En décembre 2016, au lendemain des élections fédérales, Serge Simon croisait au bar du CNR certains membres du staff du XV de France. Le nouveau vice-président s’intéressant alors au vote de leur club. « Chez nous (Peyrehorade, N.D.L.R.), c’est Camou ! » répondait alors Jean-Frédéric Dubois, le technicien des lignes arrières ! La réponse de Simon tombait alors sans appel, rieur et tout à la fois menaçant : « C’est bien pour cela que l’on voulait vous virer. » Rien n’est venu de ce qui était annoncé avant l’élection et, pendant plusieurs semaines,une cohabitation aux allures de paix armée s’instaurait entre la direction fédérale et le staff tricolore. Avec le temps, Bernard Laporte affichait même sa solidarité à l’égard de Novès, bien décidé à établir une relation directe avec son entraîneur pour éviter que les relations conflictuelles entre le sélectionneur et Simon viennent polluer les résultats des Bleus…

Pour faciliter le dialogue, à deux reprises Laporte lançait même une invitation à déjeuner à l’adresse de Novès. Pour diverses raisons, les promesses de juillet et de décembre resteront elles aussi sans lendemain, comme des premiers traits de fracture entre les hommes. Faute de repas et d’échanges privilégiés Laporte-Novès, c’est à chaque fois des réunions collectives formelles qui se tiendront, en présence de Serge Simon… C’est même lui seul qui recevait le staff, le mardi 12 décembre dernier au CNR. Un échange à sens unique. La suite s’était écrite dans la nuit du samedi 25 novembre, sur les ruines du match nul concédé par le XV de France face au Japon (23-23). Dans l’impasse après une nuée de revers, Bernard Laporte quittait les Bleus humiliés sans passer par le vestiaire et sans s’adresser au staff. Lors du banquet d’après-match, ses mots pour les joueurs étaient sans concession : « Certains d’entre vous n’ont pas le niveau international. » Jusqu’à tard dans la nuit parisienne, le président de la FFR allait échanger avec de nombreux interlocuteurs. Il ne tranchait pas encore, espérant toujours maintenir le staff en place jusqu’au Mondial 2019. Mais, pour la première fois, il ouvrait la porte à l’idée d’un plan d’urgence. Le nom de Jacques Brunel apparaissait alors malgré un démenti du manager bordelais.

Le 5 décembre au matin, le comité de pilotage de la FFR validait la proposition d’audit de Serge Simon. Celui qui devait être le grand perdant du rapprochement Laporte/Novès revenait ainsi sur le devant de la scène et renversait tout sur son passage. Sa main de fer devait empêcher le sélectionneur de se relever : son rapport transmis en début de semaine à Bernard Laporte s’avérait sévère à l’égard de Novès même s’il épargnait Bru et Dubois. Tout semblait réglé et l’affaire devenait alors juridique… S’il avait gagné son combat, il n’est pas sûr que Simon, le vice-président de la FFR qui cumule les casquettes (marketing, relations Ligue et XV de France), revienne aux premières loges de la maison bleue si le duo Laporte/Brunel est reconstitué...

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