Bons remèdes contre l’échec

Jamais dans son histoire l’USC n’a été aussi haute dans la hiérarchie. Mais cette embellie est vécue avec lucidité. 

Par essence, le sport ne place pas tous ses pratiquants à la même enseigne. Les clubs n’ont pas tous vécu les fêtes de fin d’année avec sérénité. Il en est cependant qui s’avouent très heureux du sort que leur a réservé la partie 2017 de la compétition. Parmi ces bonnes surprises figure sans nul doute l’USCasteljaloux. En se focalisant sur le fait que le club aligne pour la première fois de son histoire quatre saisons en F2, et que jamais depuis sa création en 1904 il n’a été à ce niveau au plan national, ses performances actuelles pourraient être banalisées. Mais ce serait oublier que l’USC sort de deux années de souffrance qui ont érodé son moral avant ce joli rebond. Il y a quelques mois, Luc de la Bardonnie, président depuis 2010 et las, a même songé à dire stop. Aujourd’hui, associé à Sébastien Lanzutti dont il apprécie les idées novatrices, il ne regrette pas d’en avoir été dissuadé par son attachement au club. Il a d’abord fallu passer par un audit sportif autour d’une question essentielle : « Pourquoi étions-nous en échec ? » Des réponses objectives ont été apportées et chacun savoure la bonne surprise : « La recette ? C’est sûrement le rajeunissement et la cohésion, souligne le président. Nous avons réussi à conserver quelques joueurs convoités comme le troisième ligne Quentin David véritable fer de lance. L’ossature est constituée de 50 % de jeunes de Casteljaloux mais nous sommes aujourd’hui inquiets pour notre potentiel cadets. Nous venons d’organiser une réunion sur le thème minimes-cadets-juniors et nous voulons essayer de redémarrer avec deux équipes minimes à deux niveaux. Il est aussi question de poursuivre et renforcer le cycle jeunes avec Le Queyran, Port-Sainte-Marie et le Confluent (Aiguillon-Monheurt). » La prise de conscience s’impose car les seniors, eux, tracent leur route. La marque imprimée par les entraîneurs Nicolas Matéos et Jonathan Ponthereau est déjà visible. Pourtant, le recrutement a été sagement réalisé avec des joueurs issus de clubs évoluant à des niveaux inférieurs à celui de l’USC. C’est le cas notamment d’Alban Moncouvert à Captieux ou de Romain Monbrun.

La montée n’est pas un but

Après avoir été joueur puis entraîneur, Jean-David Boreinstein découvre le rôle de manager. Il a beaucoup œuvré à la mise en place des conditions de la reconquête: « Nous devions passer par une révolution au niveau sportif en faisant davantage confiances à nos jeunes qui évoluaient en équipeB. Nous avons tout restructuré, nous n’avions pas le choix le budget nous l’impose. Des jeunes enthousiastes et qui possèdent de réelles qualités se sont immergés dans un jeu ambitieux. J’étais entraîneur de l’USC il y a 8 ans en Promotion et nous n’avons jamais trop fait confiance aux jeunes. On s’est finalement aperçu qu’individuellement, au sein d’un collectif, ils étaient performants. Et cette situation a insufflé un nouvel élan. » Et donc les Casteljalousains ne craignent pas l’avenir. Mais dans le club d’une commune de 4500 habitants dégageant un budget de 400 000 € personne n’est dupe. Et Luc de la Bardonnie encore moins : « Nous avons pour perspectives de nous qualifier pour faire un tour en phases finales, mais si cela devait arriver je pense que nous refuserions la Fédérale 1. Comment lutter avec des villes de 20 000 habitants ? Aujourd’hui, dans les rues de Casteljaloux on reparle de rugby de manière positive et les bénévoles ont le sourire. » Les partenaires aussi, et Bernard Tejada qui accomplit un immense travail dans le secteur du sponsoring ne peut que s’en réjouir.

Par Gérard PIFFETEAU