Beauxis : retour vers le passé ?

  • Beauxis : retour vers le passé ?
    Beauxis : retour vers le passé ?
Publié le / Mis à jour le

Il s’agit, de prime abord, d’un sacré bond en arrière. Le rappel de Lionel Beauxis a en effet ravivé, aux yeux de la multitude, le souvenir de la Coupe du monde 2007.

Celui de ce XV de France sans génie, obligé de s’arc-bouter sur sa défense et de miser sur des fulgurances individuelles en contre-attaque. Une époque où Jacques Brunel était l’adjoint de Bernard Laporte, dont l’ombre portée n’a jamais été aussi prégnante sur le jeu pratiqué par le XV de France d’aujourd’hui. Inconsciemment ou non…

Et pourtant, une fois l’émotion passée, il convient de se poser les bonnes questions. Le constat, après le forfait de Matthieu Jalibert ? Il est que le rugby français fait face à une terrible pénurie au poste d’ouvreur, à moins que ce soit cette même pénurie qu’il faille incriminer pour la titularisation d’un gosse de 19 ans, après seulement 9 titularisations en Top 14… 

Complémentarité avec couilloud

Un choix par défaut que celui de Lionel Beauxis, alors ? En partie, c’est une évidence, d’autant qu’il y a un an à peine, ce dernier se voyait libéré par l’UBB de… Jacques Brunel pour rejoindre le Lou en tant que joker médical. Sauf qu’il est des évidences dont il faut parfois se méfier. Mis en confiance par Pierre Mignoni qui a fait de lui son maître à jouer, Lionel Beauxis semble avoir trouvé à Lyon sa plénitude, à l’âge tout sauf canonique de 32 ans. « Je reste ambitieux, nous confiait-il voilà quelques semaines. Je suis encore loin d’être retraité des terrains, et je rêve encore de l’équipe de France. J’ai conscience que les années ont passé et qu’il y a du monde à mon poste, mais je continue à travailler. On ne sait jamais… » Un travail qui a porté ses fruits. S’il conserve cette puissance de son jeu au pied sur laquelle il avait autrefois tendance à se rassurer, le Béarnais parvient en effet à évoluer relâché offensivement, au point de signer depuis le début de la saison des performances abouties. Il faut dire qu’au-delà d’un cadre beaucoup plus structuré que celui qu’il a pu connaître au Stade toulousain (à ce titre, les retrouvailles avec son ex-entraîneur Jean-Baptiste Elissalde s’annoncent cocasses), Beauxis bénéficie, à Lyon, d’une association hautement complémentaire avec le dynamiteur Baptiste Couilloud, qui permet au Béarnais d’évoluer relativement loin de la ligne d’avantage sans que cela s’avère trop pénalisant pour lancer l’attaque. De quoi donner l’idée à Jacques Brunel d’associer de conserve les deux hommes sur le banc (on imagine en effet mal le sélectionneur se déjuger en dégradant Anthony Belleau après un seul match…) dimanche à Murrayfield ? Le profil d’impact-player du jeune demi de mêlée lyonnais pourrait en effet le laisser penser…

Nicolas Zanardi
Voir les commentaires
Réagir