"Le Munster est favori, tant mieux..."

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    "Le Munster est favori, tant mieux..."
Publié le , mis à jour

Au lendemain d’une retentissante victoire face à Clermont (49-0) et à cinq jours d’un dantesque quart de finale de Coupe d’Europe face au Munster, le talonneur et le trois-quarts centre ont accepté de se prêter au jeu de l’entretien croisé. Pendant plus d’une demi-heure, ils se confient sans modération et n’éludent aucun sujet : le challenge irlandais, le bouillant contexte toulonnais, les objectifs de la fin de saison, le Tournoi des 6 Nations, ses mauvais et ses bons moments, le capitanat ou encore leur complicité sur et en dehors des terrains.

Midi Olympique: Pour la troisième année consécutive, le RCT va devoir aller chercher sa qualification pour le dernier carré de la Champions Cup loin de Mayol. Jusqu’à présent, vous avez échoué à chaque fois…

G. G. : Les deux derniers quarts de finale restent de mauvais souvenirs, effectivement… Tout le monde est conscient de la difficulté du défi qui se présente à nous : aller à Thomond Park, pour un match couperet, dans une ambiance de feu. C’est un sommet du rugby européen et tout ce contexte fait la beauté de cette compétition. Avec l’ambiance que j’ai ressentie dans les tribunes face à Clermont, je me dis que c’est tout de même dommage de ne pas recevoir pour ce quart de finale. Au vu de notre poule, il y avait la place pour le disputer à la maison. Malheureusement, nous sommes passés un peu à côté. 

M. B. : Il faut se préparer à l’exploit, tout simplement. Un match au Munster ne ressemble à aucun autre. Personne ne nous accorde de grandes chances, avant le coup d’envoi. Les Irlandais sont favoris, tant mieux. Le statut de challenger est appréciable. Eux auront la pression. Nous y allons pour faire un coup et avons les armes pour cela.

G. G. : C’est sûr, nous ne partons pas avec les faveurs des pronostics. Il y aura un supplément d’âme à aller chercher pour relever ce genre de défis. Sur quatre-vingts minutes, si l’équipe joue à son niveau, il n’y aura pas de désillusion.

Le succès face à Clermont a-t-il constitué la meilleure des préparations ?

M. B. : Ce succès nous permet de travailler sereinement. Il y a eu de l’engagement, de l’intensité, de la précision. C’est le match rêvé. Il a fait du bien aussi car la semaine avait été délicate avec tout ce qui s’est passé autour, les déclarations… Lors de la préparation, j’avais demandé au groupe de se recentrer et de se concentrer sur lui. Nous y sommes parvenus et à l’arrivée, il y a eu ce match à zéro faute on va dire.

Revenons sur le climat toulonnais, particulièrement instable, avec une nouvelle colère présidentielle suivant le match d’Oyonnax. Comment l’appréhendez-vous ?

M. B. : L’expérience nous a appris à nous blinder. Mais c’est se tirer une balle dans le pied, franchement. Il n’y a pas besoin de se mettre le feu de la sorte. Tout le monde était conscient qu’il n’aurait pas fallu perdre à Oyonnax. Mais de mon point de vue, si l’on a des choses à se dire, ça doit rester entre nous. Ça ne sert à rien de faire autant de bruit. C’est le moment de la saison où tout le monde a besoin de sérénité.

G. G. : En tout cas, j’ai beaucoup aimé le fait que le vestiaire ne se soit pas déstabilisé et a su faire le dos rond. Le groupe a apporté la plus belle des réponses sur le terrain.

Quelle sera la teneur de votre discours, cette fois ?

M. B. : Il y a eu de bonnes choses contre Clermont mais restons humbles car, contre le Munster, ce sera autre chose. L’équipe n’a pas de marge. En plus, nous avons tendance à nous relâcher après une bonne mi-temps ou une grosse prestation. Il faut faire très attention à ne pas s’endormir maintenant. Les trois mots que je dis, c’est solidarité, confiance et combat.

Au sein d'un XV de France remanié, vous avez fait figure de meneurs. Comment appréhendez-vous ce rôle, respectivement ?

G. G. : Avec Mathieu, nous avons quasiment tout connu avec l’équipe de France. Nous avons tous deux été beaucoup chahutés dans notre carrière internationale. Chacun a sa propre histoire mais, dans les deux, ça n’a pas été une ligne droite. Ce parcours nous a servis. Il nous a incités à nous remettre en question et permet de mieux mesurer notre chance d’être de l’aventure. Tout cela, on essaye de le faire comprendre aux plus jeunes. Mais bon, c’est vraiment en le vivant qu’on se rend le mieux compte.

M. B. : Personnellement, oui, c’est une histoire particulière. Il y a eu des hauts et des bas, des très hauts, et des très bas. Bah…

Avec deux semaines de recul, quel bilan tirez-vous du Tournoi ?

G. G.: Par rapport à l’état d’esprit et au comportement du groupe, c’est satisfaisant et encourageant. Au niveau des résultats en eux-mêmes, vous vous doutez bien que finir quatrièmes, ce n’est pas du tout ce nous attendions. Nous sommes déçus, forcément. Mais si l’on se penche sur les matchs perdus, ça permet de relativiser et de positiver car l’équipe a été proche de l’emporter à chaque fois. Je suis assez fier des joueurs. À un moment, nous n’étions pas loin de nous écrouler et beaucoup de gens parlaient même d’une possible cuiller de bois. Je m’en souviens bien de ce qui se disait. Ça nous a servis, je pense. Ça nous a rendus plus fort dans les têtes. Les gens ont vite tout oublié après la victoire contre l’Angleterre. Ça fait partie du jeu.

Mathieu, quelle impression vous a laissé le groupe France ?

M. B. : Quand je suis arrivé pour le troisième match, il y avait une dynamique collective négative. Il fallait relever la tête et reprendre confiance. Et même retrouver de la fierté. Quand ça nous arrivait de perdre des matchs et nous n’étions pas loin de gagner, on se disait que ce n’était pas si mal. Ça passait, du coup. Il manquait une véritable mentalité de gagnant. C’est ce qui a été retrouvé contre l’Italie et l’Angleterre. À mon sens, et je pense que Guilhem est d’accord, il fallait retrouver la conviction de jouer pour gagner. Sur les derniers matchs, personne n’a triché, tout le monde s’est envoyé et on a vu le résultat. Pour l’équipe et l’encadrement, c’est top.

Retrouvez l'intégralité de l'interview sur https://www.midi-olympique.fr/pdf

 

Vincent Bissonnet
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