Le choc des montagnes

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    Le choc des montagnes
Publié le , mis à jour

Passée l’extase, on a presque envie de dire que pour le Racing, le plus dur est à venir. Dans trois semaines, à Bilbao et au sein du mythique San Mamès, les coéquipiers de Maxime Machenaud vont en effet affronter l’équipe ayant écrasé la Champions Cup depuis le début de saison.

Après une traversée du désert de plusieurs années, les Dubliners du Leinster ont incontestablement remonté la pente pour se hisser, aujourd’hui, au sommet de la montagne. Coachés par l’ancien deuxième ligne des Diables Verts Leo Cullen, les Leinstermen s’appuient sur une équipe complète dans toutes ses lignes, une équipe ayant détruit – le mot n’est pas trop fort — les Scarlets de Llanelli en demi-finale de la compétition (lire ci-dessous). Le Leinster 2017-2018 est d’abord composé de glorieux Lions britanniques et irlandais (Rob Kearney, Cian Healy, Robbie Henshaw…), autant de joueurs familiers des joutes internationales ; les Men in Blue hébergent aussi deux candidats à un potentiel XV mondial, l’ancien Racingman Jonathan Sexton, au sommet de son art, et le pilier droit Tadhg Furlong, plus puissant qu’un taureau. Mais tous les barbons de la Dirty Old Town* sont surtout entourés d’une jeune génération en tout point exceptionnelle : l’ailier Jordan Larmour a du feu dans les jambes, le flanker Dan Leavy fut l’un des hommes clés du dernier grand chelem irlandais quand le trois-quarts centre Gary Ringrose, consacré dès ses débuts en Ligue celte comme l’héritier de Brian O’Driscoll par la presse irlandaise, est en train de confirmer les espoirs placés en lui.

Tout un symbole

Vu comme ça, le Racing a-t-il une chance ? Peut-il vraiment réussir là où les Golgoths de Montpellier se sont par exemple cassé les dents à deux reprises en phase de poule ? Le dernier récital des Ciel et Blanc, tenu à Bordeaux devant 5 000 Irlandais médusés, tendrait à prouver que oui. Mais comment ? Récemment, l’entraîneur en chef des Saracens Mark McCall, battu par les Irlandais en quarts de finale de la compétition, livrait quelques clés techniques : « Le Leinster est actuellement la meilleure équipe européenne mais elle n’est pas invincible. Je crois qu’en ciblant l’axe du terrain, en contraignant cette formation à évoluer dans un périmètre restreint, à un rythme peu soutenu, des solutions peuvent exister. » Porté par l’un des packs les plus puissants du vieux continent, assis sur une conquête souvent très propre et une attaque donnant le tournis à n’importe quel rideau, le Racing sait de son côté qu’il a les moyens de tordre le cou du Leinster, de l’autre côté des Pyrénées. Laurent Labit, l’entraîneur des trois-quarts franciliens, conclut ainsi : « On a réussi contre le Munster notre plus belle première mi-temps et un match plutôt accompli. Mais pour avoir décrypté l’impressionnante performance du Leinster, je sais qu’il faudra élever notre niveau de plusieurs crans. Le boulot n’est pas terminé… ».

* Vieille et sale ville

Marc Duzan
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