« Le plus dur, c’est le timing »

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    « Le plus dur, c’est le timing »
Publié le , mis à jour

L’interview : Rob Kearney - arrière du Leinster et de l’Irlande

Comment aviez-vous décidé de mettre le Racing sous pression par le jeu au pied ?

Au départ, cela n’était pas vraiment notre intention. Comme le Racing est une équipe dense, nous voulions plutôt les déplacer, privilégier le jeu à la main et la vitesse de déplacement du ballon pour les déborder. Puis, la pluie s’en est mêlée. Quand nous avons vu que les conditions climatiques allaient être mauvaises, nous avons changé de tactique, et avons opté pour un jeu davantage axé sur l’occupation et des chandelles, mais toujours avec un maximum de pression à la retombée, pour gagner le ballon ou pousser les Racingmen à la faute.

C’était aussi une façon de contourner leur premier rideau ?

Oui, tout à fait. Une fois le match lancé, nous nous sommes rapidement aperçus qu’ils contestaient beaucoup les ballons dans les rucks, et que nous ne pouvions pas compter sur des libérations rapides. En plus, ils étaient très bien organisés en défense et nous mettaient souvent sous pression au centre du terrain. Alors, le jeu au pied s’imposait de lui-même.

Quels conseils donneriez-vous pour remporter un duel aérien ?

Je serais presque tenté de dire que l’on ne peut pas remporter un duel aérien sans les autres, sans ce qui est fait en amont : il faut que cela soit annoncé, bien tapé, suffisamment pour laisser du temps afin de monter, avec une trajectoire qui tombe sur l’adversaire visé pour le clouer au sol… Mais si tout est respecté, il ne reste plus qu’à calculer sa marge d’accélération en fonction de la trajectoire de la balle. Le timing quoi… ça, c’est le plus dur. Il vaut toujours mieux arriver en retard qu’en avance sous une chandelle. Les derniers appuis doivent être plus longs, comme ceux que prend un sauteur en longueur. Ensuite, on va chercher le ballon le plus haut possible avec les mains, pour amortir la chute contre le torse tout en se retournant en l’air pour se protéger de l’adversaire. Pour réduire l’appréhension que l’on peut avoir, il faut se focaliser sur le ballon, et ne plus voir que ça. Après, je ne vous cache pas qu’on le travaille souvent à l’entraînement. Pour se familiariser avec les chocs en l’air, un entraîneur peut venir vous bousculer avec un bouclier.

Simon Valzer
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