Pienaar - Kockott maîtres du jeu

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    Pienaar - Kockott maîtres du jeu
Publié le , mis à jour

Dans le contexte étouffant des demi-finales, il n’est peut-être pas un hasard si les deux hommes du week-end se sont avérés les cornacs des packs montpelliérains et castrais. de quoi augurer d’un duel fantastique en finale, entre deux hommes aux caractères et styles diamétralement opposés …

Si le rugby français s’est - à juste titre - gargarisé de la profondeur de son réservoir au poste de demi de mêlée cette saison, force est de constater que celui des Sud-Africains n’est pas mal non plus… Pour preuve ? Les demis de mêlée de Montpellier et de Castres Ruan Pienaar et Rory Kockott auront été les grands bonshommes des demi-finales, chacun s’avérant l’élément déterminant de la victoire des leurs. Et si on connaît un ex-photographe de nos amis (vous nous pardonnerez la private joke) qui n’aurait sûrement pas hésité à se hasarder à une mauvaise blague à l’évocation de leur futur duel en finale (« Kockott-Pienaar, ça vaut pas un bon coq au vin »), cette perspective n’en paraît pas moins alléchante. Anciens partenaires et surtout concurrents sous les couleurs des Sharks, entre 2006 et 2010, les deux hommes évoluent en effet dans des registres opposés à l’extrême, la froideur de Pienaar contrastant avec le tempérament de feu de Kockott. Buteur, botteur, en charge des renvois, Ruan Pienaar est en effet à Montpellier le dépositaire du jeu mis en place par Vern Cotter, son grand patron, dont l’équipe épouse le tempo. « Ruan Pienaar, quand il évolue à son rythme, il est injouable, nous glissait dans la soirée de vendredi Pierre Mignoni. Ce qu’on aurait aimé, c’est évoluer un ton plus vite… Malheureusement, nous n’y sommes pas parvenus. » La faute à un clair déficit de puissance au niveau des avants, dont la domination a permis à Pienaar de jouer dans un fauteuil face au Lou.

Anciens concurrents chez les Sharks

Ceux du CO parviendront-ils davantage à mettre la bête héraultaise en cage ? Ce sera évidemment une des clés du match pour empêcher Pienaar de nuire, le deuxième étage de la fusée revenant à Rory Kocott lui-même. « Neutraliser Pienaar, ce sera la clé pour nous, anticipait le manager de Castres Christophe Urios. Et pour cela, Rory sera important. Je lui avais déjà dit avant notre demi-finale qu’une des clés pour vaincre le Racing serait qu’il prenne le dessus sur Iribaren, il y est parvenu. Sur un terrain, il te cherche, il te provoque, il te branche… Tout le monde veut le tuer, mais au final, ça se retourne souvent en sa faveur. » La preuve en a encore été faite samedi… Meilleur défenseur de son équipe face au Racing (13 plaquages), Kockott a en effet largement précipité la chute des Franciliens, en provoquant l’annulation du premier essai de Dupichot pour un déblayage irrégulier de Lauret, et surtout le carton jaune de Tameifuna pour un plaquage haut. Du grand Kockott, qu’on apprécie ou pas… Les supporters castrais se souviennent forcément du rôle joué par le Sud-Africain lors du titre de 2013 contre Toulon, qui le vit dominer en finale un autre ancien des Sharks, Frédéric Michalak. Alors, Kockott parviendra-t-il à renouveler l’exploit au Stade de France face à Pienaar ? Honnêtement, on en salive déjà..

Nicolas Zanardi
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