Après percée, ressortez "exté !"

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    Après percée, ressortez "exté !"
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C’est un des principes ancestraux du jeu de ligne, trop souvent oublié : celui qui consiste à observer la bonne attitude après franchissement, en ressortant sur l’extérieur. Pourquoi ? Explications…

C’est un théorème tellement récurrent qu’il en deviendrait presque mathématique, les exceptions qui lui sont faites n’étant pas légion dans le rugby français. Les dernières phases finales du Top 14 l’ont d’ailleurs bien prouvé… C’est ainsi, et on n’y changera rien en le déplorant : plus l’enjeu des matchs augmente, plus le nombre de franchissements diminue proportionnellement. Et plus la nécessité de bien les négocier augmente… Or à ce titre, haut niveau ou pas, le déchet s’avère souvent très important. La faute, d’abord, à des défenses toujours plus réactives dans la reconstitution des deuxième et troisième rideaux, capables de s’organiser en « bulles » de sauvetage pour encercler le porteur de balle et lui couper toutes les possibilités de passes, et faciliter le travail défensif de l’arrière. Un constat qui n’en empêche pas un autre, celui de la pauvreté des choix en attaque… En effet, dans la plupart des cas, le travail de la défense se trouve considérablement facilité par les attitudes de l’attaquant. Lequel, obnubilé par l’idée de ne pas perdre le ballon tout en gagnant le plus de terrain possible, en vient à oublier le premier des réflexes enseignés à l’école de rugby : le faire vivre, pour que le mouvement se prolonge… 

Retrouver les soutiens qui convergent

Voilà pourquoi, dans cette optique, le porteur de balle ne doit jamais oublier la vieille antienne qui veut qu’après franchissement, la première attitude doit consister à ressortir sur l’extérieur. Combien de fois a-t-on vu cette saison, même (et surtout !) en Top 14, des joueurs conserver une course rectiligne ou, pire, se hasarder à la « facilité » d’un crochet intérieur pour éviter le premier défenseur venu ? On n’en a pas tenu comptabilité, pour être honnête, et cela vaut probablement bien mieux ainsi. En effet, si le crochet intérieur constitue souvent la solution la plus évidente pour prendre à contre-pied un défenseur, pareille attitude a pour effet de ralentir l’attaquant (donc de favoriser le retour de la défense) et de l’éloigner de ses soutiens. Pas l’idéal, vous en conviendrez, pour assurer la continuité du jeu et éviter de passer par un ruck. Un écueil que le fait de ressortir sur l’extérieur permet justement d’éviter, puisque ce réflexe doit permettre au porteur de balle de retrouver les soutiens qui convergent vers lui. Et doivent lui permettre de mener l’action le plus loin possible, si possible jusqu’à l’en-but. 

Pour mieux naviguer… ou accélérer !

Mais s’il n’y a pas de soutien, nous direz-vous ? Cela ne change finalement pas grand-chose à l’affaire… Dans ce cas de figure, le porteur de balle n’a en effet que deux options : faire confiance et ses jambes et tenter de conclure en solitaire, ou attendre ses partenaires qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas eu le temps (ou les jambes) pour arriver d’arriver dans le bon tempo. Deux cas de figure dans lesquels le crochet extérieur demeure le meilleur ami du porteur de balle. Parce que, dans ce dernier cas, le crochet extérieur permet naturellement à ce dernier de « naviguer » dans la défense et lui offre naturellement la possibilité de se retourner, pour visualiser son soutien et ainsi trouver la bonne solution. Quant au joueur assez rapide pour tenter le coup en solitaire ? Là encore, le fait de ressortir sur l’extérieur doit lui permettre de prendre ses adversaires à contre-pied, à condition d’attendre le bon moment, précisément celui où l’arrière va obliquer sa course et tourner ses épaules. Ce que réalisa à la perfection le finisseur du Racing Juan Imhoff, lors de la demi-finale des siens face au Castres olympique…

Nicolas Zanardi
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