Une animation offensive frémissante

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    Une animation offensive frémissante
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C’était un des objectifs de cette tournée. Appliqué et efficace dans le secteur défensif lors du dernier Tournoi des 6 Nations, le XV de France se devait de développer son animation offensive. Mission ratée si l’on s’en tient aux quatre minuscules essais inscrits en trois rencontres.

Un chiffre famélique, à mettre évidemment en perspective avec les 19 essais néo-zélandais. Toutefois, une progression est apparue au long de la tournée. Sur le premier test disputé à Auckland, l’unique réalisation française est presque survenue sur un malentendu. Un essai opportuniste signé de Rémy Grosso, sur une interception. Ce soir-là, l’animation offensive française est apparue très pauvre. « Logique, rétorque le sélectionneur Jacques Brunel. Quand on débute une tournée, on a toujours un petit peu de mal à trouver du lien entre les joueurs et notamment en attaque, ce qui est le plus difficile en mettre en œuvre. »

Samedi soir à Dunedin, avec une ligne d’attaque reconstruite et des velléités toutes autres, les Bleus de Jacques Brunel ont affiché un visage bien plus séduisant sur le plan offensif. Un chiffre illustre parfaitement ce fait. Sur la première possession de balle tricolore, Parra et ses partenaires ont enchaîné 23 temps de jeu, éclairés de plusieurs franchissements nets et d’un jeu de mouvement sur toute la largeur du terrain. « C’est vrai que sur le premier match, on a été un peu timides sur ce secteur alors que l’on peut être satisfait des deux derniers, constate encore le sélectionneur Jacques Brunel. Certes, la deuxième période du dernier match est à notre désavantage. Malgré tout, il reste une première mi-temps de qualité avec une équipe qui a essayé d’imposer quelque chose aux All Blacks, sur des séries intéressantes, sur l’état d’esprit et des situations où nous avons été capables de dynamiser. » Avouons-le : cette première période de Dunedin s’est révélée enthousiasmante pour qui aime ce jeu d’attaque. Des courses tranchantes, un timing souvent précis, du jeu dans le dos de la défense. La ligne d’attaque emmenée notamment par Wesley Fofana a donné du fil à retordre à la défense kiwi. « Dès qu’on parvient à garder les ballons et imposer notre jeu, souligne le trois-quarts centre de l’ASM Clermont, les Blacks n’aiment pas trop. On l’a fait en première mi-temps et ils n’ont pas apprécié. »

Au total, sur l’ensemble de la tournée, le XV de France a déchiré à 32 reprises le premier rideau défensif néo-zélandais. Le chiffre est satisfaisant. Même plus, si affinités. Ce qui l’est moins, c’est cette incapacité à bénéficier des soutiens suffisants pour terminer les coups. Une récurrence franchement pénible. Quand les Blacks marquent sur cinq temps de jeu - et encore - il en faut vingt-cinq à l’équipe de France. « Le pire, c’est qu’on finit par s’épuiser », se lamentait d’ailleurs Fofana samedi. Et ça, c’est un vrai problème.

Arnaud Beurdeley
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